‹ La forêt des CippesChapitre 28 sur 181 · LE MYSTERE DE LA CHAMBRE JAUNE · texte numérisé non relu

LE MYSTERE DE LA CHAMBRE JAUNE

le méritaient. Car, tandis que ses confrères, pour résoudre leurs problèmes fantastiques, avaient besoin de tout un matériel d'accessoires truqués et d'inventions merveilleuses, M. Gaston Leroux, tout au contraire, dénouait avec la plus extrême simplicité, sans le secours d'aucune machine ^et par la seule rigueur du raisonnement, les situations les plus inextricables. Le système de ce logicien de génie qu'est Joseph Rouletabille, consistait en effet à s'appuyer, suivant sa formule, sur le bon bout de la raison, c'est-à-dire à exclure, par principe, toute hypothèse fantastique pour ne retenir que les données de la raison, les explications du bon sens. Et son originalité réside en ce que, à l'inverse de toutes les habitudes policières, ce journaliste commence par fermer les yeux aux indices, vestiges, traces, marques ou pas qui pourraient suggestionner sa raison et faire en lui leurs impressions avant que les opérations logiques, qui ont toute sa confiance, n'aient fourni les premières indications indispensables.

On voit que la manière de M. Gaston Leroux est bien plus relevée et plus classique, en quelque sorte, que celle de ses grossiers prédécesseurs. Les Aventures de Joseph Rouletabille captivaient par le seul appareil logique.

La tentation de les porter à la scène devait être forte, et M. Gaston Leroux n'y a pas résisté ; mais les véritables amateurs le regretteront; car, au théâtre, de toute nécessité, les parties de raisonnement devaient tomber : restait alors le spectacle qui, dans les deux romans, consstituait la moindre partie et aussi la moins nouvelle.

THÉÂTRE MICHEL

En Camarades de Mme Colette Willy.

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Cette comédie qui a déjà vu les feux de la rampe, mais qui ne peut que gagner à une nouvelle audition, est certainement l'une des meilleures œuvres de théâtre qui aient été produites en ces derniers dix ans, aussi bien pour la tenue du style que pour son grand intérêt dramatique, uniquement tiré des variations de sentiments.

Un premier acte, pénétré d'une ironie presque imperceptible, énigmatique comme le sourire de la Joconde ou celui de M"^ Colette Willy elle-même, met en scène un couple, Lui et Elle, si vous voulez, qui par recherche de supériorité et de détachement affecte de mépriser la fidélité conjugale. Au vu et au su de la partie adverse, Ih jj Lui courtise donc la trop coquette Marthe ; Elle s'aban- "••donne à une inquiétante familiarité avec un grand garçon qu'ils appellent h gosse. Mais de fil en aiguille, sans y penser presque, et à force d'agaceries, les voilà qui jouent tous sérieusement, et un double rendez-vous est conclu, sans qu'ils puissent dire comment.

Mais des paroles aux sentiments et surtout aux actes, il y a loin. Avec une ingénuité qui rappelle la meilleure Claudine, Elle, lorsqu'elle vient au rendez-vous du gosse, découvre peu à peu le mensonge de sa conduite, et avec celui-ci d'abord, avec son mari ensuite, dans un jj effort très simple et très naturel de sincérité, elle engage un double dialogue dont toutes les répliques portent.

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