LA BONNE MAISON I
bien brefs. Evidemment, M. Feydeau a dépensé là de la cocasserie, moins cependant que n'eût fait un excentrique anglais. On ne retrouve dans Séance de nuit presque aucun des traits de psychologie qui relèvent les dernières pièces de cet auteur. Car voici que même les vaudevillistes se mettent à avoir, eux aussi, plusieurs « manières ».
THÉÂTRE MICHEL
La Bonne Maison
comédie de MM. Gandray et Clerc.
Chonchette,
de MM. de Flers & de Caillavei"
musique de Claude Terrasse.
Spectacle agréable, gai, varié et digestif.
D'une immoralité voulue et ironique, sans lourdeur, toute en demi-teintes et pleine de ces mots entre cuir et chair, qui font un douloureux plaisir, la Bonne Maison a obtenu un franc et juste succès, auquel M. Polin, comédien fin et classique, que l'on voudrait voir entrer à la Comédie-Française, n'a pas été sans contribuer ou plutôt sans ajouter un peu. Il y a un grand fond de vérité et une exacte philosophie dans l'idée de cette comédie cynique; et c'est peut-être de là que viennent les meilleurs de nos plaisirs. Dans la Bonne Maison, un personnage explique que seuls les mots « créent de l'irréparable », sans doute parce qu'ils élèvent l'homme audessus de la sensation, dans la sphère intellectuelle des rapports des choses. En évitant de nommer, on évite de juger, et c'est autant de gagné pour le repos des lâches
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et des mous. Ce n'est pas pour rien que les politiciens font de si grandes dépenses de périphrases et que tant de parlementaires entrent maintenant à l'Académie... Mais toutes les faces de cette grande vérité se sont déjà découvertes devant vous.
On connaît Chouchette, de MM. Robert de Fiers et G. -A. de Caillavet, cet ingénieux prétexte pour la charmante musique de M. Claude Terrasse et pour l'étourdissant monologue d'un vieux comédien, taillé à la mesure, qui n'est point petite, de M. Max Dearly.