‹ La Foret EnchanteeChapitre 2 sur 6 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

petites amies à goûter, Javotte, et leur servir du thé et des gâteaux dans ton ménage, il n'y manque rien.

JAVOTTE

Encore ce beau ménage! Oh! que je suis contente! (Regardant Pierre avec inquittude.) Mais il y a eucore uue boîtc, graud'mère, elle est pour Pierre, celle-là, n'est-ce pas?

GRAND'.AIÈRE.

Regarde.

Javotte, ouvrant la boite, ne dit rien et devient très rouge en apercevant un joli petit nécessaire contenant tout ce qu'il faut pour coudre.

GRA.ND'MÈKE.

Eh bien, .Javotte, tu ne dis rien, ne le trouves-tu pas joli ton nécessaire?

JAVOTTE, troublée.

Oh! si, très joli, mais...

Elle regarde Pierre.

GRANDMÈRE.

.l'ai pensé, Pierre, que tu étais trop grand pour recevoir des jouets, c'est pour cela qu'il n'y a rien pour toi là dedans. Tu n'es pas fâché que les trois boîtes soient pour .Javotte?

PIERRE, cherchant à cacher son désappointement.

Oh! non, cela ne fait rien, grand'mère; je croyais seulement qu'il y avait peut-être une boîte pour moi, mais je ne suis pas fâché que Javotte en ait trois.

GRAND'MÈRE, embrassant Pierre.

Bravo ! Pierre, voilà une petite épreuve que je t'ai fait subir et dont tu t'es fort bien tiré. Je ne t"ai point oublié.

mon cher enfant : regarde un peu par la fenêtre ce que Michel déballe dans la cour.

PIERRE

Un vélocipède! oh! grand'mère, quel bonheur! Je vous remercie bien; c'est un fameux cadeau que vous me faites là

G R A N D ' JI È R E , souiiant.

Je me suis souvenue que tu trouvais que c'est le plus beau des cadeaux. Va le regarder de près, car je vois que tu en m eurs d'envie.

PIERRE

Merci, grand-mère, viens-tu, Javotte?

J.WOTTE.

Oui, et puis je reviendrai voir ma poupée, (samtani tmit à coup.) Mais, Pierre, tu n'as pas demandé à grand'mère si...

Si quoi?

JAVOTTE, tiHit bas.

Si elle sait une nouvelle histoire.

PIERRE

Ah ! oui. Grand'mère, avez-vous appris un nouveau conte pendant ces deux mois pour nous le conter?

GRAND. MÈRE, souriant.

Déjà! mais laissez-moi arriver, mes enfants.

.TAVOTTE.

Oh ! nous vous laisserons tout le temps d'arriver, grand'mère; il est midi, il y a encore longtemps jusqu'à ce soir.

INTRODUCTION. o

GRAXOMÈHE.

Oh ! non, par exemple, pas ce soir, je suis trop fatiguée.

JAVOTTE

Alors demain?...

GRAND-MÈRE

Nous verrons.

PIEliKE à JAVOTTE, bas.

Quand grand'mèredit « Nous verrons », c'est toujours oui!

JAVOTTE

C'est vrai!

Ils sortent joyeux.

Dès le lendemain matin, les enfants frappent à la porte de grand'mère et se précipitent dans la chambre aussitôt qu'elle dit : Entrez !

l'IKIiDE.

C'est dimanche aujourd'hui, grand'mère, je serai toute la journée à la maison, à quelle heure nous conterez-vous l'histoire?

GRANDJIÈRE.

Ah! c'est donc entendu, que je conterai une histoire?

JAVOTTE

Vous avez dit hier « Nous verrons » ; alors nous avons cru que c'était entendu.

GRANDMÈRE.

Eh bien, soit, je tâcherai d'en retrouver une dans ma tète d'ici à ce soir.

6 LA FORKT ENCHANTEE.

JAVOTTE, ingéminieiit.

Vous les tenez dans votre tète vos histoires, grand'mère?

PIERRE, t'clataiit do rire.

Ah! cette Javotte! tu crois que grand'mère tient ses histoires dans sa tête comme dans un tiroir! Mais non! ça veut dire qu'elle cherche à se les rappeler; c'est comme quand on étudie une leçon ; tu ne sais pas ça, toi, parce que tu n'étudies rien.

J.WOTTE.

Mais si! Pierre, j'apprends des fables, je lis, j'écris et j'étudie mon piano.

PIERRE, rinlcrrnm|.aiil.

Ah! ton piano! tu fais aller tes cinq doigts l'un après l'autre, do ré mi fa sol, sol fa mi ré do. Voilà tout ce que tu sais faire, tu n'as pas besoin de te creuser la tête pour ça.

JAVOTTE, roiifusc.

Je n'ai pas dit que je me creusais la tète.

GRANDMÈRE.

Eh bien, je vois que rien n'est changé et que tu n'as pas perdu l'habitude de taquiner ta sœur, Pierre.

PIERRE

Alors, l'histoire est pour ce soir, bien sûr, grand'mère?

GRAND'MÈRE

Oui, bien sûr.

JAVOTTE

Si vous vouliez nous dire seulement comment elle s'appellera.

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