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Vit-Argent aussi beau garçon, et elle répondit à son compliment avec infiniment de grâce.
— Que de courage vous avez déployé, Madame, lui dit le prince. Mon gouverneur, le sage Phanor, m'a tout appris et j'accourais à votre secours malgré sa défense, mais je vois que vous n'aviez plus besoin de moi. — Sire, dit la princesse, c'est grâce à votre escorte et à ma marraine que j'ai été délivrée des enchantements des méchantes Fées, je n'ai aucun mérite à leur avoir échappé. — Vous êtes trop modeste. Madame, mais croyez que je récompenserai généreusement ceux qui vous ont si bien servi. Comte de la Forêt, dit-il à Passe-Partoiit, donnez la main à la princesse pour monter en carrosse.
Passe-Partout rougit de plaisir en s'entendant appeler ainsi, car la reine des Fées ne s'était pas trompée en disant que la vanité était son péché mignon.
Pais le prince se tournant vers la taupe lui dit : — Madame, l'ordre est donné dans mes Etats de protéger les taupes et d'abolir les taupiers; c'est vous dire que mon royaume vous appartient et... — Pendant que vous y étiez, interrompit la taupe avec une certaine aigreur, il me semble que vous auriez pu faire pendre ces assassins de taupiers. — C'eût été peut-être une mesure un peu radicale, dit le prince. Veuillez prendre place dans ce carrosse qui vous conduira chez vous, et permettez-moi d'ajouter que vous serez toujours la bienvenue à ma cour, quand vous ne saurez que faire de vos soirées.
La taupe, enchantée de l'invitation du roi, grimpa dans le carrosse et partit.
— Charmant écureuil, dit Vif-Argent, votre fiancée vous attend avec impatience ; vivez heureux avec elle dans les bois
li« LA FORÊT ENCHANTÉE.
qui VOUS sont destinés; jamais votre repos n'y sera troublé par un coup de fusil, et de beaux arbres fruitiers y pourvoil'ont à votre subsistance.
L'écureuil, après les plus vifs remerciements, bondit rapidement pour rejoindre au plus vite celle qu'il aimait.
r'IKURE.
Mais l'aigle, grand'mère, est-ce qu'on va l'oublier?
G li A .N l> M E K 1-: .
Sois sans crainte, il ne perdra rien pour attendre.
Le prince, se tournant vers lui, lui dit : — Kn vérité, bel aigle, je ne sais quelle récompense vous olfrir; vous êtes le roi des oiseaux et de la forêt ; l'espace vous appartient, rien n'échappe à vos yeux perçants, quels souhaits formezvous? Je serais au désespoir de ne pas vous témoigner ma reconnaissance. — Eh bien, Sire, puisque vous le désirez, je vais vous en fournir le moyen. Pour conserverie souvenir du léger service que j'ai eu le bonheur de vous rendre, placez un aigle au sommet de votre écusson ; comme cela vos descendants se souviendront qu'ils ont quelque obligation à ma race. — fVest accordé d'avance ! s'écria le prince et vous serez désormais le symbole de la souveraineté, et l'aigle, prenant son grand vol, s'éleva majestueusement dans les airs.
IMEl'iRE.
J'aime cet aigle, moi, plus que toutes les autres bêtes !
JAVdTTE.
Laisse donc dire, Pierre, c'est si joli à pi'ésent.
fi 11 A N U ■ M EUE.
En pou de temps le prince et la princesse arrivèrent à la ville, où ils furent reçus avec de grandes acclamations de joie. Je vous laisse à penser avec quelle satisfaction Tranquille s'étendit dans un bon lit moelleux, après avoir fait un excellent dîner.
A son réveil elle trouva, près de son lit, le roi son père et la reine sa mère, que la fée Gentille avait été chercher pour que la joie de sa filleule fût complète. Tranquille se leva à la hâte, impatiente de revoir Vif-Argent, quelle aimait déjà beaucoup. Tous les préparatifs du mariage étaient faits et on lui annonça qu'il aurait lieu à midi.
— Je regrette beaucoup, dit-elle, que la reine des Fées ne puisse pas y assister, mais ce serait trop lui demander.
— Non, mon enfant, caria voilà qui arrive, dit Gentille. En effet, le beau char d'or ciselé et les chevaux volants
s'arrêtaient devant la porte du palais, et on voyait la reine descendre accompagnée d'un homme et d'une femme âgés de quarante à cinquante ans, et dont la figure noble indiquait des personnages de distinction.
Le prince alla au-devant de la reine pour la recevoir et elle dit, en lui présentant les deux étrangers :
— Voilà mon cadeau de noces, prince, je vous amène votre père et votre mère que j'ai délivrés de la captivité où les méchantes Fées les retenaient depuis quinze ans.
Le prince se jeta dans les bras de ses parents qui l'étouffèrent de caresses et de baisers.
— Sire, dit-il à son père, remontez sur un trùne qui vous appartient; je n'ai jamais voulu prendre votre titre. — Non, mon fils, je préfère le repos, vous gouvernerez et je vous ser-
virai de conseiller, car je crois que vous avez la tète un peu vive, ajouta-t-il en souriant.
Puis chacun remonta dans le palais s'apprêter pour la cérémonie.
JAVOTTE
Mais, grand'mère, Vif-Argent a-t-il oublié d'inviter à ses noces l'aigle, l'écureuil et la taupe ?
GRAND MÈRE
Non certainement, il les avait priés d'y assister en se séparant d'eux.
C'est que vous ne l'avez pas dit, grand'mère.