CR
Li iA
En effet, à ce dernier point de vue si important, il serait plus sage, dans certaines conditions, d’imposer au propriétaire la coupe de tout ce qui n’atteint pas un certain diamètre donné. Car, comme nous l’avons vu, dans une forêt mixte naturelle, les bois de valeur et les arbres de rebut croissant côte à côte, la restriction du diamètre inconsidérément appliquée pourrait empêcher que l’on abatte la partie non-désirable, les mauvais arbres, mettant à prime la décimation des arbres plus précieux. Sans la sylviculture, c'est-à-dire, sans attention à la reproduction systématique, une restriction de diamètre a peu de valeur. Avec la sylviculture, elle n’est pas nécessaire ; car même en enlevant tout ce qu’il y a, une récolte complète de la flore sylvestre et son remplacement par la plantation ou la semence accompliraient la fin recherchée, c’est-à-dire, la continuation de la forêt, et en plusieurs cas, ce serait préférable aux autres méthodes.
En d’autres mots, la détermination de la rotation ou de l'âge ou de la dimension que doit atteindre l’arbre avant d’être abattu, est en grande partie question de calcul financier. Toutefois, ce calcul dépend des considérations sylvicoles et techniques de même que des considérations pure :..‘ financières.
L’estimation de la ‘aieur exige de nombreux calculs mathématiques. Le sylviculteur doit connaître l’accroissement ou la crue constante de chaque année, et d’après cela il établit la moyenne de la crue, c’està-dire une moyenne des divers accroissements annuels. La valeur d’un bois debout dépend entre autres choses
2OUNEN-I3S 2391AN Ej 1nS
de la dimension aussi bien que du volume et de la quantité.
Le forestier doit tenir beaucoup du prophète. Il doit prévoir quel est le bois qui se vendra le mieux dans l'avenir et il doit aussi prédire si les prix augmenteront ou non, La seule base sur laquelle il puisse établir son opinion, c’est l’histoire du passé, et il dira passablement juste à moins que quelque accident ne se produise. En Prusse, depuis soixante-cinq ans, le prix du bois a augmenté de 1; our cent par année. Au Canada, le pin blanc se vendait à 44 et 5/4 cents du pied cube, il y a cinquante ans, tandis qu’en 1893, il se vendait 16 à 42 cents du pied cube, et aujourd’hui, il vaut soixante cents du pied cube. C'est une augmentation considérable.
À part le capital et le temps, il faut encore y mettre un esprit d'économie tel que n’en réclame aucune autre entreprise commerciale, On peut établir une différence entre le produit et le capital, mais l’administration d’une forêt est chose dangereuse aux mains d’un particulier, spécialement s’il n’a derrière lui qu'un petit capital. Par conséquent, au point de vue de l’avenir, c’est une entreprise qui relève plutôt de l'Etat ou d’une corporation à succession perpétuelle. En Allemagne, la sylviculture a été pratiquée depuis plus de cent ans, et les statistiques des Etats germaniques en feront voir les résultats financiers.
Jetons un coup d'œil sur les résultats de l’administration forestière en Saxe, au point de vue commercial :
1824-33 1854-63 1884-93 Revenu brut $1.75 À l'acre 3.74 à l'acre 6.67 à l’acre Dépenses 80 ‘: SES UE: 2.30 Ge Revenu net 95 EU 2.59 . 4 37 CG
La Saxe a 430,000 acres, et si l’on multiplie 430,000 par 4.37,on trouvera quel revenu net elle retire de ses forêts seules. A part cela, nous trouvons que l’état de la coupe a été en moyenne de 60 pieds cubes à l’acre dans la première période, de 70 dans la deuxième et de 90 dans la troisième, et tandis qu’une proportion de 70 p. c. de la coupe totale était de bois de’service ou de construction dans la première période, cette proportion était de 79 dans la dernière. Ces chiffres font voir ce que la sylviculture peut faire pour un pays quand les principes en sont judicieusement appliqués.
La Prusse peut offrir des statistiques semblables, et nous constatons que dans cet Etat le revenu a aussi augmenté en raison directe de la dépense et de la meilleure administration qui en a été la conséquence. I1 n’y a pas de meilleur placement à faire.
En Allemagne, souvent des villes ou des villages sont propriétaires de forêts, et dans ce cas-là, être citoyen c’est toucher un dividende au lieu d’avoir à payer des taxes.
Li à | af HR. : O0 |: JON |