‹ La forêt [microforme]Chapitre 5 sur 23 · LA FORET SOURCE DE REVENU · texte numérisé non relu

LA FORET SOURCE DE REVENU

US pouvons affirmer, sans craindre la con-

N tradiction, qu'après les produits nécessaires

à l'alimentation de la vie humaine, rien

n'est d’un usage aussi universel ni aussi

#11 indispensable, dans l’économie domestique

et publique, que le bois. En effet, si vous

faites abstraction du bois, et du bois en grande quan-

tité, il vous sera impossible de concevoir l’idée de la civilisation.

Les nomades de nos jours qui errent par troupes

dans les plaines et les prairies privées d'arbres, n’en

sont encore qu’à la condition des Scythes des temps

primitifs ; leur vie, leurculture morale, leur perfectionnement intellectuel, rien de tout cela n'a progressé. Si la colonisation et la civilisation de nos régions occidentales, sans forêts, sont devenues choses possibles et se sont même effectuées avec succès, ce n’est que par suite du développement des moyens de transporter ce bois si nécessaire. Son emploi est devenu si général et si répandu qu'une disette de bois, quelque improbable que la chose puisse être, serait presque aussi cruelle qu’une disette de pain. Soyons, si nous le voulons bien, moins prodigues, tant au sujet des victuailles qu'au sujet du bois, mais le besoin de bois, autant que nous pouvons le prévoir présentement, viendra toujours en second lieu après le besoin de nourriture, et sera beaucoup plus grand que celui de tout autre produit servant dans l'industrie.

Notre civilisation est établie sur le bois. Du berceau à la tombe, sous une forme ou sous une autre, le bois nous entoure, nous accompagne : c’est une commodité, c’est une nécessité. Il entre comme partie essentielle dans presque toutes nos constructions. La moitié de notre population habite des maisons de bois, et le bois est entré comme partie indispensable dans la construction de celles où loge l’autre moitié. Il sert à les orner, à les meubler, à les chauffer, à cuire les mets de nos tables. Plus des deux tiers de notre population l’emploient comme combustible, et jusau’à une époque récente, il constituait l’vnique ou le principal moyen de réduire les minerais et de façonner les métaux pour qu’ils puissent à leur tour servir à travaïller le bois lui-même. Pour chaque centaine de

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tonneaux de char! ;n à extraire de la mine, il faut deux tonneaux de bois de charpente minière, et il faut aussi de grandes quantités de bois pour extraire nos métaux des mines,

Chaque livre de fer, chaque once d'or demande du bois pour son extraction, du bois pour sa fabrication, du bois pour son transport. Il n'y a presque pas d’ustensile, d'or, où même de machine que le bois n'a pas contribué à façonner, ne serait-ce qu'en fournissant le manche où le moule on le patron. Les objets utiles ou simplement décoratifs, faits de bois en tout ou en partie, sont innombrables. Nos demeures en sont remplies, et nos occupations quotidiennes nous en imposent l’usage partout où nous nous trouvons. Pour nos moyens de transport, nous coinptons principalement sur le bcis. Nos 20,000 milles de rails de chemins de fer (190,000 milles de chemins de fer aux Esats-Unis), ces voituriers de la civilisation, reposent sur pas moins de 700,000,000 de traverse: de bois dont il faut renouveler 140,000,000 chaque année ; ces rails passent sur plus de 2,000 milles de chevalets et de ponts en bois; sur ces chemins de fer, les voyageurs et les marchandises sont voiturés dans plus de 1,000,000 de wagons en bois, et une bonne partie des millions de tonneaux de marchandises sont expédiés dans des boites ou des barils en bois, et entreposés dans des hangars en bois. Il faut dix millions de poteaux de télégraphe pour établir la communication entre les marchés éloignés.

C'est la forêt qui nous fournit les tonneaux pour transporter nos vendanges au marché, pour emmaga-

siner notre farine et nos fruits; la forêt qni fournit les mancherons de la charrue et le bâti de la herse pour cultiver la terre, la batteuse mécanique et le moulin à vent pour préparer les grains des recoltes, la charrette pour les transporter au marché, les carènes pour leur faire passer les mers et les faire parvenir aux marchés étrangers, et jasqu'au goudron et à la poix requis pour que la cargaison soit en sûreté. Bien que les vaisseaux en fer aient en grande partie remplacé les navires en bois dans le service océanique, notre trafic maritime le long des côtes et à l'intérieur, qui requiert, aux Etats-Unis, un tonnage deux fois aussi considérable que celui du trafic transatlantique, se fait surtout dans des vaisseaux en bois.

On nous berce dans des berceaux de bois, nous jouons avec des jouets de bois, nous nous asseyons sur des chaises et des bancs de bois ; nous nous plaisons à la musique des instruments de bois ; nous nous renseignons aux informations imprimées su du papier de bois avec de l'encre noire tiree du bois, et même nous mangeons notre salade assaisonnée avec du vinaigre de bois,

Les usages déjà si variés auxquels le bois pent servir augmentent constamment. Avec la fabrication de la pulpe de bois et de la cellulose, une orientation toute nouvelle dans l'emploi du bois a été trouvée: cet emploi du bois appelé tout d’abord à remplacer à bon marché le papier de chiffons, augmente tous les jours de plusieurs manières, et menace, pour l'avenir, de mettre à la plus forte contribution nos ressources

purnit herse et le oltes, carèparveet à ûreté.

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