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forestières, la fabrication du bois de pulpe ayant augmenté de plus du triple depuis dix ans.
Pour donner, en peu de mots, une idée de l'étendue de notre propre consommation de bois (en comprenant les exportations), nous pouvons dire que, si l'on compte cinq personnes par famille, chaque famille aux Etats-Unis, aussi bien qu'au Canada, consomme une moyenne d'environ 3,000 pieds cubes ou environ 120,000 livres de bois sec par année, soit le rendement annuel d’ai moins 60 acres de forêt.
On peut trouver plusieurs raisons à cet emploi si universel et si varié du bois. D'abord, le fait que le produit forestier se rencontre à peu près partout et la facilité avec laquelle le bois peut être obtenu et appliqué directement à la fin désirée, le mettent naturellement en réquisition dans les civilisations les plus primitives; mais il y a en outre certaines autres qualités qui en rendront toujours l'usage désirable, sinon nécessaire. Comme combinaison de force, de dureté, d'élasticité et de légèreté relative, il surpasse tous les autres matériaux connus. Non-seulement une pièce de pin austral ou de pin des marais aura plus de force qu’une tige de fer forgé du même poids, n'ais employée comme poutre, elle portera sans plier six à huit fois la charge que porterait une barre de fer €: la même longueur et du même poids. De plus, la poutre en bois supportera une plus grande flexion que les mé taux sans prendre de courbure ou se détériorer d'une façon permanente.
La facilité avec laquelle on peut lui donner une
forme qu’il conserve, la qualité d'être à la fois maléa-
ble et non changeant mais surtout d’être non conduc tible pour la chaleur et l'électricité, qui en rendent l'usage plus commode que celui des métaux, outre la légèreté spécifique de son poids, et plusieurs autres qualités, le rendent propre, de préférence aux autres matériaux, à plusieurs emplois.
Mais c'est surtout par son bas prix qu'il se recommande. Nous payons aujourd’hui, sauf pour les bois de fantaisie, au plus 60 centins du pied cube pour le meilleur bois, travaillé, tandis que le pied cube de fer en feuille ou en barre coûte de cinq à dix piastres. En outre, c’est le seul matériel de construction que nous pouvons produire et reproduire à volonté, quand nous savons bien que la plupart des autres matériaux que nous employons actuellement finiront tôt où tard par être épuisés.
D'autres matériaux ont pris la place du bois dans certains cas, mais on a aussi trouvé à le faire servir à de nouveaux usages, et souvent même les matériaux qu'on lui avait substitués ont été remplacés à leur tour par le bois, lorsque sa supériorité ou ses qualités spéciales ont été mieux reconnues. Même pour des objets aussi délicatement proportionnés que les bicycles, à la fabrication desquels les métaux semblaient être les seuls matériaux à employer, la supériorité du bois a été démontrée, du moins pour certaines parties.
Un exemple remarquable de ce retour à l'usage du bois an lieu du métal, c'est qu'on y revient dans la construction des fabriques et des entrepôts afin de diminuer le danger des incendies. On a constaté que
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Sur la rivière St-Maurice
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dans le cas d’un incendie, les solives et les colonnes de fer se tordent et se déforment sous l'effet de la chaleur, ce qui fait crouler tout l'édifice, tandis que, avec des colonnes et des solives de bois, il y a de bien plus grandes chances de voir les murs rester intacts.
Le charbon à remplacé le bois, dans une grande mesure, comme combustible ; cependant, d'après le recensement de 1880, plus de la moitié de la population s’en tenait encore au bois, et il n'y a pas de raisons de croire que la proportion ait changé d'une façon appréciable.
En effet, s’il nous est permis de considérer les chiffres du recensement de 1880 comme encore comparativement exacts, à tout prendre, dans une vue d'ensemble, notre consommation de bois de chauffage représente environ les trois quarts de notre consommation totale de bois ; et même au point de vue de la valeur, cette proportion représente à peu près la moitié du total énorme de notre consommation de produits forestiers aux Etats-Unis, et excède en bloc plus que dix fois la valeur du fer et de l'acier emplovés dans le pays.
Le développement de l’industrie de la cellulose et des pâtes de bois, et comme conséquence l'usage plus répandu du papier qu’on en fait pour servir à toutes sortes de fins où l'élasticité et la durabilité unies à la force et à la légèreté sont choses requises, depuis les faux-cols, les manchettes et les peignes jusqu'aux roues de wagons de chemins de fer, a donné au bois une utilité nouvelle et toujours croissante.
Et puis, si l’on tient compte de l'emploi si géné-