DE LA CROISSANCE DES ARBRES
A partie technique de l’art forestier s'appelle sylviculture—l’art qui rend les forêts productives sous les soins du forestier. Pour bien entendre le traitement des arbres ‘en masse ”, il faut que le sylviculteur ait des notions de dendrologie, la connaissance des arbres dans tous leurs détails et, surtout, il faut qu’il connaisse l’histoire de leur vie individuelle ou collective. Sou- - vent mal défini sous le rapport de la dimension, l'arbre existe virtuellement déjà dans la graine et le semis— c'est une plante ligneuse, dont la graine est capable de produire une tige unique sortant du sol avec un feuillage particulier.
Les arbres provenant de la graine sont formés d'un développement, d’une division et d'une multiplication cellulaire comme les autres organismes vivants,
- et ils accusent les mêmes besoins. A l’encontr:: des : autres plantes, ils ont une plus longue vie et ils : atteignent une plus grande hauteur pour porter leur » feuillage à la lumière. Leur remarquable hauteur
s'édifie, étage sur étage, par des pousses qui sortent des bourgeons et s’allongent au bout des tiges et des branches. On peut ainsi dire l’âge des arbres, au moins des jeunes spécimens, en comptant les rejetons annuels, qui se distinguent les uns des autres sur un renflement de la tige.
Les bourgeons se développent à la fin de la crue de l’année, le bourgeon terminal ou un bourgeon près de l'extrémité de la jeune branche continuant la crue de l'arbre en hauteur. Le développement du bourgeon varie pour chaque classe d'arbres, et l'on peut identifier ceux-ci à leurs bourgeons seulement. Les conifères ayant moins de bourgeons latéraux que les arbres à feuillage décidu, développent toujours la tige principale aux dépens des branches, le rejeton sortant de l'unique bourgeon terminal rendant la crue rapide en hauteur. Si le bourgeon terminal d’un pin est détruit, le développement se fait alors ordinairement par les bourgeons latéraux et il ya bifurcation de la tige. Dans les bois durs, la majorité des bourgeons ne se développent pas, mais sont perdus ou bien restent inactifs, et comme la forme de l'arbre dépend du développement de ces bourgeons, la cime compacte du hêtre provenant du développement d’un grand nombre de bourgeons n’a pas la même apparence que la tête ouverte du chêne. Les bourgeons inactifs ou les simples boutons restent ainsi sans développement, se montrant chaque année à la surface du bois, prêts, en cas de nécessité ou d'accidents, à se développer finalement en scions et en pousses.
rtent # Comme de nouveaux bourgeons se forment à t des {l'extrémité des rejetons, chaque année, l'arbre devrait S, AU Lroitre indéfiniment, si chaque espèce n'avait une tons Æcertaine limite de hauteur qui dépend des conditions IT UN qu sol, du climat et de l’espèce elle-même. L'arbre Adoit, à l'encontre des lois de la pesanteur, faire moncrue ter à son feuillage l'humidité du sol, et la hauteur à geo Æjaquelle l’eau peut être ainsi élevée est limitée; et nt la Muelques espèces offrant plus de résistance à la cireuit du Æjation de l'eau ne peuvent croître aussi haut que l'on autres.
ent 4 La lumière est un facteur important dans la TAUX croissance de l'arbre, dont la forme varie selon la L tou- - Mquantité de lumière à laquelle il a été exposé. Dans iches, a forêt, les arbres poussent grands avec des troncs l'ren- 2 égarnis à une grande hauteur et peu de branches ; n ter- Ætandis que dans un découvert, l’arbre est court et € fait Æhbranchu et a une tête large. Il ne faut pas croire que cetil c'est la crue de l’arbre qui fait remonter sur le tronc la Ma- M'endroit où commencent les branches; si le tronc de s sont A'arbre de forêt est dénudé, c’est qu'il a perdu ses me de 4 ranches inférieures par suite du manque de lumière. geons, ÆL'arbre qui pousse en plein vent conserve ses branches loppe- plus bas sur le tronc, et par conséquent ne produit
pas la #,4s d'aussi bon bois. Les branches principales, qui Les toutes partent du centre de l’arbre, si elles ne sont pas
os “détruites et arrachées de bonne heure, —la crue du bois ne Mchaque année recouvrant de plus en plus profondéité OÙ Ænent leur point de départ, —produisent des nœuds qui seten + ompromettent la force et la valeur du bois de refend.
Dans les forêts épaisses, le manque de lumière fait
mourir et tomber les branches inférieures, et le trot reste dégarni. Quand on plante une forêt, on met arbres près les ns des autres afin d’intercepter lumière et de faire mourir ainsi les branches inférie! res, ce qui aura pour effet de produife plus tard bois de service sans nœuds et d’une grande valeu Les arbres croissent non-seulement en hauteur ma encore en diamètre, la croissance se faisant dans couche molle de cambrium qui se trouve entre l’aubi. et l'écorce. Chaque printemps, cette couche de cell les vivantes commence à croître et se diviser, d’a° très-rapidement avec la rapide crue en hauteur, . graduellement avec plus de lenteur à mesure que lé avance. Les premières cellules ligneuses formé: rapidement ont une enveloppe mince avec de larg orifices, et forment les pores que l’on distingue dai le bois du printemps chez les chênes et les frêne Les cellules formées plus tard l’été sont étroiteme massées et pressées; elles ont des parois épaisses de petits orifices, le bois paraissant d’un grain pli serré et d’une couleur plus foncée à cause de cet compacité des cellules. Par cette succession des zon: différentes de bois du printemps et de bois de l’été, « reconnait et l’on peut compter facilement les couch: concentriques ou les cernes annuels de bois, et cet diversité dans la composition du cerne permet d’ide tifier les différentes espèces d'arbres et d'indiquer densité comparative de leur bois. Ainsi, après avc coupé un arbre, ou peut trouver son âge en compta les cernes annuels sur la souche, et dans cette sér de cercles on peut lire l’histoire de sa vie.
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Le cerne annuel se forme dans tous les pays où es saisons de l'hiver et de l'été rendent la croissance es arbres intermittente. Il arrive, par exception, ue la perte du feuillage empêche la couche de bois e se déposer sur tout le tronc, et le cerne de se forner, ou bien, quand la croissance a été interrompue, urant la saison, il peut se former un deuxième cerne ue l’on distingue ordinairement tout de suite des utres cercles.
Pour le sylviculteur ou le forestier, l'étude de la -2 des couches ligneuses est d’une grande impor-
<e, parce que l’on peut juger ainsi du progrès de a récolte, l’on peut aussi calculer la quantité de bois ormé et savoir à quelle époque il sera plus avantapeux de faire la récolte. Et puisque la proportion de a crue du printemps et de la crue de l’été détermine a qualité du bois, le cerne sert d’indice pour régulaiser la qualité de la récolte, car en s'occupant des espèces et en les adaptant au sol, on peut modifier a proportion du bois du printemps et du bois d'été. ‘est une erreur de considérer que le bois provenant es arbres dont la crue a été plus rapide dans une espèce est plus faible, car il est évident que les cellues fibreuses plus denses et à enveloppes plus épaisses du bois d'été font un bois plus fort que les cellues à parois minces du printemps, et dans une année pù la croissance a été rapide, la quantité de bois d'été ormé dans certaines espèces excède celle du bois forné durant des années de croissance lente.
L'arbre emprunte au sol et à l’air les aliments 1écessaires à l’augmentation de sa substance solide.
La plus grande partie de cette substance nutrit s'élabore dans les parties vertes de la plante, le fe: lage, en présence de la lumière et de l'air, par la cc binaison de l'humidité avec le carbone provenant l'acide carbonique de l'air atmosphérique. L’ar aspire constamment l'eau du sol jusqu’à son feuilla; puis une partie de cette eau s'évapore dans l'air, degré de cette transpiration variant avec les conditi climatériques, la quantité d’eau fournie, la sais ainsi que l'espèce à laquelle l'arbre appartient. B que dans un arbre d’une forte venue il y ait quara à soixante-cinq pour cent d’eau, la quantité qu'il p par ses feuilles dans une saison est de plusieurs ! plus considérable que celle qu'il retient ; mais il f aux arbres la moitié à un quart de l’eau nécess: aux moissons agricoles.
Les substances minérales ne sont puisées qu très petites quantités, et ce sont pour la plupart plus communes, telles que la chaux, la potasse magnésie et l'azote. Ainsi, la végétation forest n’appauvrit pas le sol de ses minéraux, et même : augmente sa fertilité, vu que la plus grande pa des substances minérales lui sont rendues sous forme plus soluble par la chute annuelle des feui et des brindilles, dans lesquelles les principes m: raux sont en plus grande abondance, et qui se déc posent et forment une riche couche d’humus su surface du sol.
Comme l'humidité du sol est la chose la plus es: tielle à la croissance de l’arbre, sa conservation e! distribution sont choses très importantes. Pour qt
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arbre se développe avec le plus d'avantage, il ne faut pas que le terrain qu’il occupe soit ni très humide ni très sec, quoique certaines espèces endurent de telles conditions défavorables et semblent en tirer profit. Le sol qui convient le mieux à tous les arbres est modérément et également humide, poreux et bien égoutté, laissant l'eau pénétrer jusqu'à la portée des racines des plantes.
Pour conserver l'humidité du sol, le sylviculteur ne peut compter sur les méthodes de l’agriculteur, qui sont ordinairement impraticables et trop dispendieuses. Il ne peut avoir recours qu'à des méthodes comme celle qui consiste à donner de l'ombre et de l'engrais au terrain, —de l'ombre, par une plantation drue et en maintenant le feuillage des cimes épais, durant la vie des arbres, afin de protéger le sol contre le soleil et-le vent ; l’engrais, lui, provenant de la chute annuelle de feuilles et des scions qui restent sur le sol et se u osent, forment un riche terreau, permettent au soi :. bsorber et de retenir plus d'humidité, et retardent l’évaporation de cette humidité ainsi que l'écoulement des eaux à la surface.
Quoique tous les arbres se trouvent bien d'un appoint modéré et égal d'humidité, il en est quelquesuns, tels que les conifères et surtout les pins, pour lesquels des terrains plus secs suffisent, et d'autres,
< tels que le cyprès chauve, qui endurent de l'humidité
à l'excès. Toutefois, cela se trouve modifié en différentes régions par un climat plus sec ou plus humide.