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LES MAGYARS DE SLOVAQUIE

portante tout le long de la frontière hongroise, ils ne constituent pas un réel danger pour l’État tchécoslovaque. Nulle part les Slovaques ne reculent devant les essais de pénétration étrangère; partout ils constituent, de l’aveu même des Magyars, des minorités importantes qui ne manqueront pas d’ailleurs de marquer de réels progrès avec le changement des conditions politiques. Dans le comté de Spis, où un golfe magyar s’enfonce profondément en plein cœur de la Slovaquie, les Slovaques forment de nombreux îlots et débordent même sur le territoire de l'État hongrois. Il en est de même dans la région de J’Ipel et du Danube que franchit la race slave pour faire le siège de Budapest. Quant à la Slovaquie orientale, elle se slovaquise de plus en plus. On peut donc dire que la silualion ethnographique de la Slovaquie n’est nuilement critique.

Les Magyars n’ont pas abordé aussi résolument que les Allemands le problème de leur rattachement à la Hongrie ou de leur autonomie dans le cadre de l’État tchécoslovaque. Et pourtant, maîtres d’hier, fiers de leur passé et de leur culture, ils trouvent dure la domination des Tchèques et des Slovaques qu’ils n’ont jamais cessé de considérer comme des êtres inférieurs et qu'ils ont toujours profondément haïs. Mais ils ont parfaitement senti que leur mère-patrie ne pouvait actuellement leur être d’un grand secours. Ils se sont donc contentés d’essayer de détruire l’unité tchécoslovaque en organisant un mouvement aulonomiste slovaque. Ils attendront des jours meilleurs pour faire valoir leurs revendications, demander, avec leurs frères de Hongrie, la révision du traité de Trianon et notamment le rétablissement de leur État dans son intégrité territoriale «millénaire», avec la Slovaquie, ce pays d’où partent toutes les routes et rivières de Magyarie, et dont la religion, la culture et la vie économique sont les mêmes que les leurs !.…..

Bien entendu, jamais la Tchécoslovaquie ne consentira à céder à la Hongrie la moindre parcelle du territoire que lui ont accordé, non sans raisons, les traités de paix. Il est facile de comprendre, par exemple, toute l'importance que peuvent attribuer les Tchécoslovaques à la frontière du Danube et de l’Tpel, tant au point de vue stratégique qu'économique. Ces fleuve et rivière constituent, en effet, dans cette région, la seule frontière naturelle; de plus, le Danube procure au nouvel État slave son meilleur débouché maritime et lui donne deux ports absolument indispensables à sa vie économique, Bratislava et Komarno (Komorn), dont la perte accentuerait son 1solement dans le monde. Nul ne peut contester leurs droits, dans la région de Spis, sur les montagnes qui ont été leur berceau et qui forment, avec le pays environnant, un tout géologique, stratégique

et économique et, dans celle de Kosice, où les races sont très mélangées depuis les guerres du xH11e au xvine siècles, sur le pays emprunté par la seule voie ferrée reliant la Slovaquie et la Russie Subearpathique.

Lorsque les conditions politiques, économiques, scolaires, auront changé, une réaclion se produira en Slovaquie au profit des autochtones. Avec l’arrêt ou le ralentissement de l’émigration, lé retour de nombreux nationaux dans la patrie libérée, le pourcentage des allogènes diminuera rapidement et, grâce à la cessation du régime d’arbitraire, à la suppression des privilèges au profit des Magyars et à l’établissement de droits égaux pour tous, il ne manquera pas de se produire une reslavisalion de la Slovaquie.

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