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AVÈNEMENT DES VALOIS-ANGOULÊME

de séparer l’étude de ces deux règnes, dont le second fut en quelque sorte l’épilogue du premier, et qui, l’un et l’autre, furent dominés parla lutte de la France contre le plus puissant, le plus redoutable des empereurs de la maison d’Autriche, contre Charles- Quint dont les états, par les Pays-Bas, par la Franche-Comté où il succéda, en 1530, à sa tante Marguerite d’Autriche, par sa domination sur l’Italie assurée depuis la victoire de Pavie et par l’Espagne, enserraient de toutes parts le royaume de France. Et il ne faut pas perdre de vue que la rivalité de la France et de la maison d’Autriche, au xvie siècle, n’est pas autre chose que la continuation de la lutte de Louis XI contre Charles le Téméraire de qui l'empereur se trouvait être l’arrière-petit-fils et l’héritier. C’était d’ailleurs un fait qui ne pouvait alors échapper à personne puisque, d’une pai’t, Charles- Quint ne cessait de réclamer, contre tout droit à la vérité, le duché de Bourgogne, la plus importante des possessions de son bisaïeul qui ne lui fût point parvenue, et que, de l’autre, le nom de Bourguignons continuait, dans l’usage, à désigner l’ensemble des populations des Pays-Bas qui, soumises, au xvc siècle, aux derniers ducs de Bourgogne, Philippe le Bon et Charles le Téméraire, avant de passer par mariage à la maison d’Autriche, n’avaient aucune autre dénomination commune.

Par une nouvelle application de la loi salique, la mort de Louis XII, le 1er janvier 1515, donna le trône de France à François d’Angoulème, neveu à la mode de Bretagne du roi défunt dont il avait, l’année précédente, épousé la fille aînée, Claude. En dehors du duché de Bretagne, qu’elle possédait depuis 1514, la nouvelle reine apportait à son époux des droits sur le duché de Milan, dont Louis XII avait, en 1504 et en 1509, reçu de l’empereur Maximilien l’investiture étendue à ses descendants ; elle lui en lit même une donation analogue à celle qui eut la Bretagne pour objet.

Le nouveau roi, doué de qualités brillantes et très françaises, sut, en peu de temps, se faire admirer et aimer de ses sujets, et il conquit une popularité qu’il conserva jusqu’à la fin de son règne.

FRANÇOIS Ior ET HENRI II

Peu de jours après son avènement, François Ier recevait les ambassadeurs de Charles d’Autriche, dès lors possesseur des pays bourguignons et héritier présomptif du trône d’Espagne, chargés de prêter en son nom l’hommage dû pour les comtés de Flandre, d’Artois et de Charolais et de solliciter pour l’archiduc la main de Renée de France, deuxième fille du roi Louis XII, alors âgée de six ans. Après de longues négociations, le mariage fut convenu, le 24 mars, moyennant 600.000 écus d’or au soleil et le duché de Berry dont François Ier se réservait la pleine souveraineté.

Quelques mois plus tard, François Ier, marchant à une nouvelle conquête du Milanais, remportait, le 13 septembre, la mémorable victoire de Marignan et, le 23 octobre, entrait à Milan. Devenu maître en même temps de la seigneurie de Gênes, il forçait bientôt le pape Léon X à lui restituer Parme et Plaisance que Jules II avait réunies au Saint-Siège.

Le 23 janvier 1516, la mort de Ferdinand le Catholique donnait à l’archiduc Charles les trônes d’Espagne et de Naples. Le jeune roi avait besoin, pour la plus grande sécurité de ces héritages, d’être d’accord avec le monarque redoutable qui, voisin de toutes ses possessions, pouvait, s’il devenait son ennemi, envahir les Pays-Bas par le nord de la France, attaquer l’Espagne par la frontière des Pyrénées et descendre, par la Lombardie, dans le royaume de Naples : il lui importait non seulement de se maintenir en paix avec François Ier, mais de nouer avec lui une étroite alliance afin de n’être pas troublé, d’abord dans la prise de possession, ensuite dans le gouvernement de ses nombreux royaumes. Le traité de Noyon, conclu le 13 août 1516 entre les deux rois, sembla resserrer leur amitié en stipulant des fiançailles qui les rapprocheraient davantage : au lieu de la petite Renée, désignée par le traité de 1515, c’est la princesse Louise, fille de François Ier, qui fut destinée, dans le traité de Noyon, à devenir reine d’Espagne, et la partie du royaume de Naples à laquelle prétendait François Ier eût servi de dot à sa fille. Gendre éventuel et, en ce moment, ami déclaré de notre pays, le nouveau roi d’Espagne voulut réconcilier son aïeul Maximilien avec le gendre d’Anne de Bretagne. Il y parvint et, le 3 décembre 1516, l’empereur se résignait à faire la paix par le traité de Bruxelles.

Peu de temps après, le roi de France s’accordait même avec

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