‹ La Formation de L'unité FrançaiseChapitre 46 sur 188 · IOO PHILIPPE AUGUSTE, LE PLUS GRAND OUVRIER DE L’UNITÉ FRANÇAISE · texte numérisé non relu

IOO PHILIPPE AUGUSTE, LE PLUS GRAND OUVRIER DE L’UNITÉ FRANÇAISE

de ce prince, qui, le premier, lui donna le surnom d’Auguste tiré, dit-il, du verbe latin augeo, auges , parce que ce roi augmenta l’état français. Ce surnom est donc simplement une fantaisie de clerc, fantaisie qui d’ailleurs ne fit fortune qu’au xvie siècles lorsqu’on s’avisa d’écrire l’histoire d’après les sources contemporaines de chaque époque. Jusque-là les historiens distinguaient le fils de Louis le Jeune des cinq autres rois français du nom de Philippe par le nom bien mérité et autrement significatif de Philippe le Conquérant.

Le nouveau roi fit bientôt juger ce qu’il serait : à peine couronné, il suivit l’exemple de son aïeul, le roi Louis le Gros, et de son père Louis VII et dirigea personnellement, du vivant même de ce dernier et malgré son âge encore tendre, deux expéditions contre des barons qui opprimaient les églises : la première en Berry contre Ebon de Charenton, la seconde dans la Bourgogne méridionale contre Humbert de Beaujeu, le comte de Chalon-sur-Saône et le comte de Mâcon. Doué d’une opiniâtreté qui explique en partie les brillants résultats de son règne, il 11e tarda pas à se brouiller avec sa mère, la reine Ale, et avec ses oncles maternels, les princes de la maison de Blois, avec lesquels le réconcilia le roi Henri II d’Angleterre. Il n’avait pas hérité de la bonhomie ou de la simplesse paternelle et, quoique brave, n’avait rien non plus de la fougue, de la furie française qu’on sait avoir été l’une des plus brillantes qualités du roi Louis le Gros. Avec l’opiniâtreté, les principaux traits de son caractère qu’il soitencore possible de saisir, malgré l’éloignementdes temps, étaient une finesse non exempte de ruse, mais qu’il sut contenir dans de sages limites, et une tendance à l’emportement dont il ne parvenait pas toujours à se rendre maître. Le roi d’Angleterre, l’ennemi héréditaire, allait avoir affaire à un adversaire plus redoutable que ne l’avaient été Louis le Jeune et même Louis le Gros, et il était réservé à l’héritier de Louis VII de réaliser, et au delà, l’espérance manifestée par son père dans l’éloquente apostrophe qu’il adressait, en 1177, au roi d’Angleterre dans l’entrevue de Graçay en Berry 1 .

Cependant Philippe Auguste n’eut aucune difficulté avec le roi d’Angleterre durant les neuf premières années de son règne : tout au contraire, Henri II montrait pour le jeune monarque la plus

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