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LE COMTÉ DE CHAMPAGNE

Champagne par des seigneurs particuliers. La possession du comté de Champagne par le roi de France donna à celui-ci la suzeraineté et non le domaine utile de ces diverses châtellenies lorraines, ainsi tjue de quelques autres que ne désignent point les textes relatifs à la suzeraineté impériale. Cependant Philippe le Bel ue devint point pour cela le vassal de l’empereur, car le souvenir de cette suzeraineté de l’Empire, conservé par un cahier du registre Ft'oda Campanie datant des premières années du xme siècle, s’était perdu, semble-t-il, à la faveur du grand interrègne del’Empire qui se prolongea de 1256 à 1272, de sorte que, sans difficulté d’aucune espèce, la limite orientale du royaume de France, depuis les environs de Sedan jusqu’à la limite méridionale de la Lorraine, se trouva reculée de quelques lieues par le fait de l’union du comté de Champagne à la couronne et pour le plus grand bien de la monarchie capétienne.

Parmi les suzerains ecclésiastiques du comté de Champagne, l’archevêque de Reims était certainement celui dont le comte tenait le plus de terres. En effet, non seulement le comte de Champagne tenait de l’archevêque de Reims tout ce qui, dans son fief, faisait partie du diocèse de Reims, mais aussi les plus importantes des châtellenies comtales comprises dans le diocèse de Châlons (Vertus et Vitry-le-Château) et même une châtellenie d’une certaine étendue (Chàtillon-sur Marne), dont le siège dépendait du diocèse de Soissons. En un mot, le comte de Champagne était, en 1205, vassal de l’archevêque de Reims pour les puissantes châtellenies de Fismes, d’Epernay, de Châtillon-sur-Marne, de Vertus et de Vitry-en-Perthois, ainsi que pour la mouvance du comté de Rethel, qu’une huile du pape Alexandre III, en date de 1179, appelle comté d’Omont, comilalus de Osmonle, ainsi que pour la mouvance des comtés de Rethel, de Porcien — autrement dit Chàteau-Porcien, — de Roucy et de Braisne.

Le comte de Champagne rendait hommage à l’évêque de- Langres pour la plus grande partie de ses fiefs situés au diocèse de Langres, c’est-à-dire pour les châtellenies de Bar-sur Aube, Barsur-Seine, Chaumont-en-Bassigny, Coiffy, la Ferté-sur-Aube, Montigny-le-Roi et Nogent-le-Roi.

Il reconnaissait la suzeraineté de l’archevêque de Sens pour les châtellenies de Montereau-faut-Yonne et de Bray-sur-Seine, celle de l’évêque de Châlons-sur-Marne, selon toute apparence, pour la châtellenie de Bussy-le-Château ; celle de l’évêque

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