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ETAT DU ROYAUME A LA FIN DES CAPÉTIENS DIRECTS I g3
tituer cette formidable puissance territoriale qui s’étendait des environs de Paris jusqu’aux terres d’Empire avoisinant la Meuse
Désormais les fiefs du royaume qui pouvaient susciter quelque embarras sérieux à la monarchie n’étaient plus qu’au nombre de quatre.
Les deux plus importants au point de vue territorial étaient les duchés de Bretagne et de Bourgogne. Je dis le duché de Bretagne, car, en 1297, Philippe le Bel avait élevé le comte Jean II au rang de duc et pair. Mais le duc de Bretagne, aussi bien que le duc de Bourgogne, était alors tout dévoué aux intérêts delà monarchie capétienne.
Venaient ensuite le comté de Flandre et le duché de Guyenne, tous deux amoindris sous les derniers Capétiens directs et dont les possesseurs étaient loin d’être aussi favorablement disposés pour leurs suzerains. C’était surtout le duc de Guyenne, en d’autres termes le roi d’Angleterre, qu’il y avait lieu de craindre pour la France, car Edouard III, qui venait de monter sur le trône, annonçait déjà les qualités peu communes par lesquelles il devait se rendre plus redoutable qu’aucun des princes qui, depuis un siècle et demi, avaient régné sur la Grande-Bretagne ; aussi est-ce de là que vint le danger qui durant plus d’un siècle, paralysa le développement extérieur et, à soixante ans de distance, mit deux fois en question l’unité et même l’indépendance de la France.