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ECLAT DE LA MONARCHIE FRANÇAISE

gens pratiques pour la plupart, ont, à bien peu d’exceptions près, tous apporté leur pierre à l’œuvre de la formation territoriale du royaume. Les deux premiers monarques de la maison de Valois sont des esprits aventureux, amis du faste, et leur cour, la plus brillante du monde chrétien, est le rendez-vous de la société féodale et chevaleresque la plus raffinée. Mais la noblesse, mais la chevalerie qui forme la meilleure partie de leurs armées mal disciplinées, ne peut tenir contre l’armée anglaise mieux instruite, bien qu’inférieure en nombre ; et la seconde des grandes défaites qu’elle éprouve, le désastre de Poitiers, déchaîne sur la France les plus grandes calamités et la met à deux doigts de sa perte.

Et pourtant le règne du premier des rois de la nouvelle branche s’ouvrit sous les auspices les plus brillants.

D’abord, en vertu du principe dont la royauté capétienne ne se départit jamais et suivant lequel le domaine personnel du souverain se confondait, à son avènement, avec le domaine de la couronne, celui-ci s’accrut, à l’avènement de Philippe VI, de la plus grande partie des terres qu’avait possédées son père Charles de Valois, second fils de Philippe le Hardi. Dès l’an 1328, le Valois, détaché de la couronne en 1284, ainsi que l’Anjou et le Maine qui en avaient été distraits en 1246, revenaient prendre place dans le domaine royal. Sacré à Reims le 29 mai 1328, entouré de la haute noblesse de France, indépendamment d’un cortège de princes et de grands seigneurs, aussitôt après le sacre, le nouveau roi inaugurait son règne par une victoire.

Louis, comte de Flandre, qui était venu, en qualité de pair du royaume, assister aux fêtes du couronnement, sollicita l’appui du monarque son suzerain contre les bourgeois d’Ypres et de Bruges qui venaient encore de se révolter. Philippe le lui promit et, quelques semaines après, le 23 août, il remportait sur les rebelles flamands une victoire signalée qui, suivie de la prise de Cassel, ville près de laquelle la bataille avait eu lieu, amena la pacification de tout le comté de Flandre.

Le 6 juin de l’année suivante, dans la cathédrale d’Amiens, le jeune roi d’Angleterre, Edouard III, rendait à Philippe de Valois l’hommage qu’il devait à la couronne de France comme duc de Guyenne et comte de Ponthieu. Philippe «reçut cet hommage entouré d’une cour nombreuse au milieu de laquelle on distinguait trois rois couronnés, ses vassaux au même titre que le roi d’Angleterre. C’étaient le roi de Navarre, Philippe d’Evreux, du

PHILIPPE VI ET LE ROI JEAN

sang de France, le roi de Majorque, Jaime, de la maison d’Aragon, et le roi de Bohême, Jean de Luxembourg, qui devait perdre la Aie dix-sept ans plus tard pour la cause française. Aussi Edouard remporta-t-il de son séjour à Amiens l’impression la plus flatteuse pour la puissance du chef de la maison capétienne : « Je ne crois pas, disait-il au retour à sa femme Philippe de Hainaut, propre nièce maternelle du roi de France, « qu’il y ait au monde un roi qui surpasse celui de France ou « même qui l’égale en grandeur et en magnificence. »

L’Europe, en effet, ne voyait alors rien de comparable à l’éclat de la cour de France. La chevalerie avait trouvé un roi selon son cœur, bien différent des cinq ou six derniers princes capétiens qui, si souvent, avaient donné aux légistes la préférence sur les chevaliers. Le souverain, dans ses palais, dans ses châteaux, siégeait entouré comme le Charlemagne et l’Arthur des légendes d’une cour de rois, de princes et de pairs qui, nourris des traditions chevaleresques, ne rêvaient que fêtes et aventures : Philippe VI est le premier en date de ces rois chevaliers de la lignée des Valois qui, comme le roi Jean, Charles VIII et François Ier, compromirent ou retardèrent l’achèvement de l’unité française à laquelle chacun des monarques, parmi les Capétiens directs, avait travaillé dans la mesure de ses moyens.

Si Edouard III revint émerveillé de l’éclat de la cour, il ne semble pas que l’admiration qu’elle lui inspira ait contribué à resserrer les liens qui l’unissaient au suzerain dont il était le neveu à la mode de Bretagne et dont il avait épousé la nièce. Au reste il existait entre les deux monarchies bien des causes de conflit. Comme sous les règnes précédents, les sénéchaux français ne cessaient de faire sentir aux sujets du roi d’Angleterre tout le" poids de la suzeraineté du roi de France, et Philippe de Valois n’abandonnait pas ouvertement ses alliés, les Ecossais alors opprimés par Edouard III. De plus un prince français, Robert d’Artois, banni par un jugement des pairs, avait trouvé asile à la cour du roi d’Angleterre et l’excitait à rompre avec Philippe VI en lui répétant sans cesse qu’il était, lui Edouard, le légitime héritier du trône de France. Enfin la rupture entre les deux puissances se produisit en 1337 et la Flandre en fut le prétexte.

Réduite par la cession de Lille, de Douai et d’Orchies aux pays de langue flamande, la Flandre était alors gouvernée par le comte Louis Ier, époux d’une des filles du roi Philippe le Long

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