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COMMENCEMENT DE LA GUERRE DE CENT ANS

et partisan dévoué de Philippe de Valois qui, en 1328, avait, par la victoire de Cassel, réduit l’insurrection flamande. Dès les premières manifestations hostiles d’Edouard III, Louis expulsa tous les Anglais qui se trouvaient dans ses états. Edouard répondit à cette mesure en chassant les Flamands qui résidaient en Angleterre. Les relations commerciales étant suspendues, les métiers des grosses villes de Flandre, qui tiraient leurs laines d’Angleterre, furent obligés de chômer, « car, dit Froissart, toute « Flandre était fondée sur draperie et, sans laine, on ne pouvait « draper. »

La crise était d’autant plus redoutable pour l’industrie flamande que les Anglais, ne pouvant plus vendre leur laine, entreprirent de la travailler eux-mêmes — ce qu’ils n’avaient guère tenté jusque-là, — en attirant chez eux des ouvriers de Flandre. On offrit aux Flamands de rétablir le commerce avec la Grande-Bretagne s’ils embrassaient la cause d Edouard III. Louis Ier s’y refusa, malgré l’isolement auquel ses sujets allaient être réduits; il prétendit rester « bon Français et loyal ». Non seulement il résista aux avances d’outre-mer, mais il tenta même de s’emparer des agents envoyés auprès de la. commune deGand. C’est ce moment qu’Edouard III choisit pour publier sa déclara lion de guerre, le 21 août 1337, déclaration à laquelle Philippe de Valois répondit en faisant saisir le comté de Ponthieu, qui, peu de temps après, fut engagé à Jacques de Bourbon.

L’Angleterre s’était assuré de puissants alliés dans les contrées situées entre l’Escaut et le Rhin, dans l’ancien royaume de Lorraine : le duc de Brabant, le duc de Gueldre, les comtes de Juliers et de Hainaut et nombre d’autres seigneurs des Pays-Bas, de moindre renommée, gagnés par l'argent anglais ; mais il leur fallait l’assentiment de l’empereur Louis de Bavière, leur suzerain. Celui-ci, attribuant à la France l’hostilité que lui montrait le souverain pontife, n’eut garde de le refuser ; prenant pour prétexte la récente acquisition que Philippe VI avait faite de deux châteaux situés dans le Cambrésis, par conséquent en terre d’Empire, il accorda, pour sept années, le titre de vicaire de l’Empire à Edouard III qui fut investi, par ce fait, d’un commandement général dans tous les Pays-Bas, depuis le Rhin jusqu’à la mer du Nord.

Malgré ce grand déploiement de forces la première campagne ne fut guère couronnée de succès. Le roi d’Angleterre et ses alliés

PHILIPPE VI ET LE ROI JEAN

des Pays-Bas assiégèrent vainement la ville impériale de Cambrai, qui reconnaissait l’autorité de son évêque et qui s’était placée en quelque sorte sous le protectorat de la France.

L’alliance impériale ne servit en réalité qu’à épuiser les finances d’Edouard III qui, jusque-là, avait vainement fait appel aux sympathies, peu douteuses cependant, des communes flamandes. Les Flamands avaient bien, à la vérité, chassé leur comte dont ils ne partageaient pas les sentiments français ; mais le dictateur auquel ils obéissaient depuis 1337, le fameux Jacques d’Arteveld, riche brasseur de la ville de Gand, les avait maintenus dans une sage neutralité. Ils avaient fini par déclarer au roi d’Anglelerre que leur conscience ne leur permettait pas d’entrer en guerre avec Philippe, leur suzerain ; et ce scrupule était d’autant plus naturel qu’ils s’étaient engagés à payer deux millions de florins au Pape s’ils attaquaient le roi de France. Arteveld cependant trouva un remède à la situation : que le souverain anglais prenne le titre de roi de France, alors les Flamands pourront l’aider sans manquer à leurs engagements et surtout sans verser au Pape les deux millions de florins. Edouard III, qui venait de prendre le titre de vicaire impérial pour gagner les seigneurs des Pays-Bas, se laissa faire roi de France pour rassurer la conscience de ses bons amis les Flamands. Au mois de janvier 1340, il mit les fleurs de lis dans ses armes; telle est l’origine première du titre de roi de France que les souverains anglais n’ont cessé déporter qu’au commencement du xixe siècle. Ce ne fut toutefois pour Edouard lui-même qu’un vain titre ; dans les dix années qui suivirent, et qui furent les dix dernières de Philippe de Valois, son autorité ne fut reconnue que sur fort peu de pays français — et la Flandre elle-même lui échappa en

Malgré la bataille navale de l’Ecluse qui détruisit, en 1340, toute la marine française, malgré la victoire de Crécy que le souverain anglais remporta en 1346, contre toute attente, dans une contrée qui était son droit héritage, le comté de Ponthieu, et qui fut si désastreuse pour la noblesse de France, malgré une lutte prolongée en Guyenne, malgré la guerre de la succession de Bretagne, Edouard III ne parvint à s’implanter solidement qu’en deux endroits : dans quelques parties du Périgord, entre la Dordogne et la Garonne, et à Calais.

Sur cette ville maritime, repaire de corsaires redoutables pour

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