‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 10 sur 570 · Droysen, V, m, p · texte numérisé non relu

Droysen, V, m, p

6. Die Staatenlosiykeil, dit Bornhak, I, p. 300. — H. v. Sybel, Ueberdie Entwicklung der absoluten Monarchie in Preussen. Kleine historische Schrifien, I, p. 521.

dont Frédéric-Guillaume venait d'hériter, les États provinciaux' formaient un corps politique, une organisation permanente *. Ils se réduisaient à deux éléments : les villes et la noblesse. En général les villes, bien déchues depuis les temps de la Ligue hanséatique, étaient subordonnées et jouaient le second rôle '. D'ailleurs, si elles faisaient la plupart du temps cause commune avec la noblesse contre le souverain, leur coalition avec l'aristocratie n'était point constante et, sur plus d'un point ', les jalousies latentes, les hostilités, les conflits devaient profiter à l'établissement de l'autorité monarchique.

La puissance des États, leur autonomie, étaient assurées par un ensemble de privilèges, variables selon les provinces, plus ou moins développés, plus ou moins déterminés, mais qui avaient partout le même caractère. Le droit d'indigéual qui n'admettait aux fonctions, aux honneurs, souvent même à la propriété, que les membres de la noblesse locale, était maintenu dans le duché de Prusse avec une rigueur particulière *. A Clèves-Mark, où les privilèges des États passaient pour les plus étendus et les plus complets ^, ils portaient particulièrement la trace d'une méliance instinctive contre les armées permanentes ". Les États pouvaient se réunir même contre le gré de l'Électeur '. 11 était interdit au prince de recruter des hommes sur le territoire *, d'y faire entrer des troupes sans autorisation, d'y venir lui-même avec plus de 300 hommes '. Une des bases les plus solides de l'indépendance de l'oligarchie était le droit qu'elle s'était réservé de négocier directement avec les puissances étrangères et elle en usait

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