‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 113 sur 570 · LES ASSOCIATIONS DE CRÉDIT ARISTOCRATIQUES · texte numérisé non relu

LES ASSOCIATIONS DE CRÉDIT ARISTOCRATIQUES

Lorsque le mal est inévitable, lorsqu'un bien noble passe entre les mains d'un roturier, le propriétaire nouveau reste exclu des assemblées de cercle *; il ne pénètre pas dans la caste; il demeure étranger à son action administrative, à ses réunions. Ou lui refuse le droit de chasse; il n'est ppint, comme le propriétaire noble, exempt de la juridiction ordinaire '.

Ces restrictions maintiennent la caste, mais elle n'est pas sans en souffrir ^ Il semblerait que la main-d'œuvre inépuisable et gratuite des serfs dût assurer largement l'exploitation du domaine noble et l'existence de son propriétaire; mais il faut tenir compte de ces liens étroits, de ces gênes multiples qui entravent tout progrès, toute amélioration, toute exploitation intelligente. La corvée, le travail non rémunéré, donnent beaucoup moins au seigneur qu'ils n'enlèvent au serf; s'ils ruinent le tenancier, ils produisent singulièrement peu pour le propriétaire noble, et puis, durant la guerre, le seigneur est obligé de quitter son bien pour l'armée; la terre est dévastée. S'il a besoin de capitaux pour la remettre en état, il n'a aucun moyen de s'en procurer. Le souverain intervient alors et soutient la noblesse par une série de procédés artificiels*. Frédéric II verse à l'aristocratie foncière à titre de secours, ou lui prête à 1 pour 100 des millions de thalers qu'il puise dans son trésor ^.

Une politique économique protectrice à l'excès, souvent prohibitive, élève des barrières de province à province ', au risque de disettes fréquentes, favorise le grand propriétaire noble, élève le prix de ses produits et le prix de ses biens ^

Enfin Frédéric II, et après lui Frédéric-Guillaume II, imaginent, pour lui fournir les capitaux dont il a besoin, un procédé où l'esprit du temps, où les tendances oligarchiques se retrouvent tout entières*.

1. BoHNHAK, II, pp. iCO, 223. — Ehnst Meier, Die Reform der Verwaltungs-Orgor nisatio» unter Stein und Uurdenberg, p. 99.

2. Stadelma.ns, Puôl. aus dcn k. pr. Slaatsarchiven, XI, p. 117; XXV, p. 24. — BoKNiiAK, 11, pp. 223, 330.

3. Stadelmann, Publ. (tus den. k. pr. Staatsnrchiven, XI, p. 116.

4. PiiiLiPi'sox, I, p. 116; et sous Frédéric-Guillaume II, ibid., p. 458.

5. Phiupppson, 1, p. 16. — Stadelmann, Publ. aus den k. pr. Staatsarchiven, XI, p. 41.

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