‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 133 sur 570 · L'ACCISE · texte numérisé non relu

L'ACCISE

personne de Frédéric, et non point à la Prusse *. Celle-ci restait pour la bourgeoisie allemande ce qu'elle fut encore parfois aux yeux du libéralisme allemand du xix« siècle : le type odieux de l'État militaire, le pays légendaire du roi caporal, pliant l'élément moyen aux rigueurs de son organisation d'État, hostile à la culture intellectuelle allemande et à la vie municipale \

Elle avait, en effet, soumis les villes à un régime politique qui imposait au maigre tiers état prussien, comme au reste de la nation, le même système de classification générale et d'intervention oppressive. C'est un trait de plus, et non des moins singuliers, qu'il faut ajouter à la hiérarchie étroitement maintenue des éléments sociaux. Les villes formaient un monde à part, séparé du reste de la nation, sevré de toute participation à la vie commune. On avait pris l'habitude, dans le langage courant, de distinguer les villes du pays plat, et cette distinction dans les termes répondait à une séparation très réelle dans les faits.

Lorsque, au début de la grande crise politique qui avait rempli le règne du Grand Électeur, le pouvoir monarchique avait cherché à se créer une autorité affranchie d'entraves, il avait éprouvé beaucoup moins de dillicultés pour subordonner les villes que pour soumettre la noblesse. Il avait de bonne heure songé à se créer, par l'introduction de l'impôt indirect, des ressources indépendantes.

Lorsqu'il en fut (piestion pour la première luis en 1G67, la noblesse poussa les hauts cris ^ L'organisation de l'impôt direct assurait son pouvoir. Jamais elle n'acce])(erait une mesure qui la dépouillait de ses privilèges, et la réduisait « au rang des bourgeois et des paysans ». Devant cette résistance, l'Électeur fut sur le point de renoncer à son projet \

Mais la substitution de l'accise, de l'impôt indirect de consommation, à l'impôt direct était devenue populaire. Des manifestations se produisirent de toutes parts et une irritation très vive éclata même.

1. Die Dentsclien ivaren,wie Gôlhe von seinen Frankfurteimsagf, fritzisch gesinnt; demi wax ging uns l'reuszen an. Treitsciike, I, p. 63. — We.nck, p. 154. — G. IIkkdeu's Bi'iefe, I, p. 159.

Page 1