Ranke. l-II. p. 280. — Bounuak, 1, p. 2TJ
lorsque le bruit se répandit que l'innovation projetée était jibandonnée '.
L'Électeur prit un moyen terme. Sans imposer l'accise au « pays plat », il autorisa les Ailles immédiates des Marches, celles qui dépendaient directement du souverain, qui n'étaient pas placées sous la sujétion de la grande propriété foncière et comprises dans l'organisation aristocratique du pays plat, à l'établir. Berlin avait tenté la première l'expérience en 1658. L'accise se généralisa rapidement *.
C'est là un fait capital dans l'évolution politique de l'Ëtat prussien. L'impôt avait été jusque-là ce que les Allemands appellent une contribution malriculaire des deux principaux éléments de la société, les villes et la noblesse, aux charges communes. C'était une sorte de forfait en vertu duquel les États — les villes et la noblesse — s'engageaient à remettre au souverain une somme déterminée, sauf à s'entendre sur les moyens de la recouvrer ^.
Avec l'établissement de l'accise, l'impôt changea de caractère; on vit disparaître d'abord le dernier lien, fort lâche *, il est vrai, qui unissait les villes et l'aristocratie foncière du pays plat : Tobligalion d'une délibération commune pour répartir, la plupart du temps d'après des bases traditionnelles, le chiffre total de la contribution ^
Dans les premiers temps, il semble que l'on ait eu quelque peine à se dégager de l'ancienne conception qui faisait de l'impôt une contribution matriculaire %• on se borna à prélever, sur les produits de l'accise, la part des villes dans la contribution totale. On leur abandonna le suri)lus; mais bientôt l'accise devint un impôt d'Etal ', dont les produits rentraient intégralement dans le trésor public. Cet impôt n'était toutefois a|)plicable qu'aux populations urbaines ^ pour lesquelles il prit la place de l'ancien impôt direct. 11 s'ensuivit que les villes et le pays plat eurent deux systèmes d'impôt entièrement disliucts.