‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 163 sur 570 · DÉFAUT DE CULTURE DE L'ARISTOCRATIE FONCIÈRE · texte numérisé non relu

DÉFAUT DE CULTURE DE L'ARISTOCRATIE FONCIÈRE

ture : « Les hommes intéressants de Breslau », écrit-il *, « s'y trouvaient fort isolés. La noblesse vivait sur elle-même, dans un cercle fermé % et les bourgeois se fréquentaient entre eux. Breslau était d'ailleurs la seule ville où l'on pût trouver une bourgeoisie éclairée. En dehors des villes, on ne rencontrait que des nobles et des serfs. »

Et, plus loin ^ : « J'appris à connaître une quantité de personnes; mais, fait bien frappant, je ne rencontrai que deux nobles campagnards qui eussent un vernis de cuUure intellectuelle. »

Et Schiller, reçu de passage à Erfurt, dans un cercle d'officiers prussiens, se plaint d'y retrouver, trop fidèlement reproduits, les types du camp de Wallenstein. Que l'on se rappelle ce que nous avons dit des besoins intellectuels de cette société, où une province de AOO 000 âmes ne compte ni librairie ni imprimerie.

Lorsque cette caste s'élève à la conception de quelques idées générales, c'est pour tenir à ses privilèges, à l'organisation sociale dont elle bénéficie avec la dernière étroitesse *; c'est pour écarter les idées nouvelles avec une violence de passion extraordinaire ^.

On en retrouve la trace dans la lutte qu'elle soutint contre le code général. Nous avons vu combien les dispositions du code étaient favorables à la caste privilégiée, combien ^'lles portaient le refiet de tous ses préjugés. Elles étaient cependant loin de la satisfaire '^. Consultée, une première fois, sur l'ordre formel de Frédéric-Guillaume II \ elle avait montré quelque insouciance; mais la publication du code, le délai rapproché fixé pour sa mise en vigueur, avaient réveillé, sur plus d'un point, son apathie. Elle avait d'ailleurs, dans la coterie qui entourait le roi, des auxiliaires actifs *. L'un des ministres de la justice surtout, Goldbeck, très désireux de ne pas occuper plus longtemps le second rang au mmistère de la justice, et de sup-

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