‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 162 sur 570 · BOHMIAK · texte numérisé non relu

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4. Le sentiment parliculier du hobereau militaire, le Junkerthum, se substitue à la pure brutalité, [" unrjeschlachle Hoheit des temps prccédents. Treitscukë, I, p. ";j. — PiiM.iPi'so.N. I, pp. 380, 412, 418; II, |t. 119. — IIaeusseii, 11, p. 713. — Khxst .Mkikh, /'/(• Heform der Vetivallunt/s-Orr/anisalion unlcr Sleiii und llardenheri], p. 97. — Voir même, chez Scluirnhorsl, l'éloigiinuenl pour le PUbel der Gehhrten. Lkiiuank, Schamhorsl, p. 173. — Erinninuiujen uns dem Lel/rn den FeldmarschaU's von Boyen, I, p. 230. — ME^ZEL, Zvoanzig Jahre preussischar GeMchkhle, pj). 402, 425.

.•). Lkiimann, .S'r/ifl;7j//tjrA<. Il, p. 121.

6. Piiu.ii'i'^o.N, II, p. 28, avril 1793; et H, pp. 40-41. — MARwrrz, I, p. 94.

7. Piiim'i'»o>, I, p. 380. — Tmkitsciikk, I, pp. 24!t-2.il. — Hakusskii, III, 34-35. — Areh. hist.du Miu.dr la f/M<*rrr. Corrcspomliincc de la Urunde Armée, .'1 aoiU 1807, Icltro d(> Clarlu; : •• La boiirgeuisie de Merlin se conduit bien; loulerois, et ce (|ui est h rcMnaniner, c'chI «pi'elle a fort goûté les arliclea contre les oflicicrs prussiens cl contre le général Kiichel. » — Mamwit/.. I, p. 189. — Lkhman.n, Sr/itirnhorsl, II, p. 121. — Hrinnrruiif/rn mm dem Leôcn drr l'vldmiinti'hnll's von Uovkiv, I, p. 212. — STKrrKNi, Wa» tch erlr/ite, IV, p. ISii. — Von dku (ioi.i/, Hu.sihnch und Icna, p. 83.

l'aristocratie dans l'administration. 133

Inférieure à sa mission sociale, déchue de sa valeur guerrière, l'aristocratie prussienne paraît, de même, impuissante à remplir le rôle qui lui incombe dans l'adminislralion du pays. Elle n'a jamais paré, comme la noblesse autrichienne, son incapacité intime de dehors aristocratiques '. La petite noblesse pauvre * de la Poméranie et des Marches, qui peuple l'administration, a toujours eu l'aspecl d'une bureaucratie mesquine; elle en a acquis les vices, le formalisme et l'inertie. Elle y ajoute, nous l'avons vu, la corruption, si manifeste et si généralisée à la fin du règne de Frédéric-Guillaume II.

C'est cependant par le rôle qu'elle joue dans l'administration ^, et par là seulement, qu'elle échappe à la nullité intellectuelle la plus lamentable. Les jeunes nobles qui se destinent à l'administration, vont, comme Schôn, Dohna, Vincke, étudier aux universités, le droit, le droit administratif et l'économie politique : ce que la langue de l'époque appelle les Kanieralia. Ils participent par là, nécessairement, à la vie intellectuelle, aux idées générales, même au mouvement réformateur. C'est la partie la meilleure de l'aristocratie prussienne. Nous aurons à retrouver et à suivre son action.

Mais il ne faut point juger la caste sur les quelques esprits éclairés — et non point de premier ordre — qu'elle donne à l'administration prussienne. Ce n'est point elle qui remplira le rôle considérable que l'administration doit jouer dans le relèvement et dans l'histoire intérieure de l'Ëtat prussien. Ce qui juge et ce qui condamne la noblesse indigène, c'est que, sur cette scène qui lui appartenait, au foyer môme de l'Ëtat prussien, elle a laissé prendre ce rôle et accomplir la mission de la Prusse, par des étrangers : Stein était un Westphalien, chevalier d'Empire; Hardenberg, un Hanovrien; Scharnhorst et Gneisenau étaient deux Saxons *.

1. ... tûrgei'lich soldatisch, dit I'hilh'J'sos, I, p. o, der mdrkisctie Kleinadel, PmuppsoN, l, |). 4f)o. Elle lient cependant à l'écart les roturiers qui pénètrent dans son sein, voir Struensee. Piiiui'pson, II, p. 97. — Wenck, p. 38. — Aus den Papieren Schôn's, I, p. 6.

2. Dans les nouvelles provinces polonaises, en Siidpreuszen, sa pauvreté lui fait tort vis-à-vis des magnais. PiiiurpsoN, l, H, p. 134. — Das arme ansirrucftsiolle Jtmkerthum der Markeii. Theitschke, 1, p. 272.

3. l'iin.ippsoN, I, p. 117. — BoiiNiiAK, II, p. 139. — Robeht Havm, Wilkelm von Humfioldl, p. 7. — SciiMOLLEH, Die Verwaltung Ostpreussen's unter Friedrich- Wilhelm I, p. 47.

4. Struensee est également un étranger. Philippson, II, p. 96. Altensteio et Nagler viennent des duchés franconiens. Pehtz, II, p. JG.

Le défaut de culture de la noblesse prussienne est, au terme du siècle des lumières, un trait tout à fait saillant * ; sans doute, une partie de la jeune noblesse fréquente les universités *, où elle n'abandonne point son esprit de caste, où elle retrouve ses privilèges ^ 11 arrive parfois qu'elle ne s'y confine point dans l'étude de la science administrative, qu'elle y prenne part au mouvement intellectuel. Alexandre de Marsvilz se fait apprécier dans le milieu littéraire de l'université de Halle. Schôn, qui débute dans l'administration de la Prusse orientale, au sortir de l'université de Konigsberg, est un disciple enthousiaste de Kant. Les Humboldt attendent impatiemment, chaque année, le moment où ils quitteront le château seigneurial de leurs pères*, « le château de l'ennui», pour passer quelques semaines dans la société juive, si cultivée, de Berlin. Dans l'entourage de la cour où se reflète l'agitation du siècle, dans la société intellectuelle et vivante de Berlin ^, la noblesse prussienne a, nécessairement, quelques points de contact avec le mouvement des idées. Mais ce sont là des exceptions. Ce n'est point là qu'il faut chercher l'esprit de la caste ".

Schôn, parcourant la Silésie en 1797, est frappé du défaut de cul-

1. « ^&eT'tm^anzen», dit un historien prussien, « besasz die Mehrzahljener kleinen Junker in den ôstlichen Provinzen Deulschlands in der Zeit von i 630-1730 doch einen erstaunlich niedingen Grad der Bildung und Lebensltallung. Ihre Sprache war roli, ihre W'irlhschaft schlecht, ihre Gùter verschuldet : fnitl nnd unlhutiff sasz der eine Theil auf den etenden liitterhofen, seitie liaucrn ^niszhandchid. voyi slandischem Hochmuth crfûllt; der ander zog verwildert, zu Trunk nnd wiisten lldndeln geneigt, schmarotzend, bei den Nachham und Vcrwandten heritm, vom Volke (ds « Krippenreiler, Wurslreiter » und, so weiter, hezeichnet : unter den oslprcussischen Junkcrn mochlen gar viele sich vonjenen polnischcn Schtachtizen nicht allzusehr unterscheiden,die lieber barfusz gingm, um nicht Baslschiihe wie der Daiier zu Iragen, und in Lumpen gekleidet, auf jeden burgcrlirhen Erwerh mit liefer Vernrhtung herabsahen. Sciijuh.i.eh, die Enlsteltung des preussischen Heei-es. iG40-l740 {Dentsche Hundsrhaii. XII, 1877, pp. 270-271). — Voir dans la Prusse occidentale : Der Grund dieser Um'hari'ij und Unwissenheit ist leicht zu erfinden, da es an allen Orten auf dem plutteii Lande, j'a fasl in allen SlMlen, an Schnlcn fehil; selhsf. deni Adel slrlicn nur dus Kudrllcnhaus und das kleine linmiberger Ex-Jcsuilen-CoUeg fret. I'iiii.ippson, I, p. 203. — Vdir en Silésie, ibid., p. 227. — Voir les écoles dans la Prusse orientale. PiiiLii'Psu.N, II, p. 71. — Erinnrrungen ans dem Leben des FeldniarschalV.i vos BoïKx, 1, p. 315. — SciiMOLLKii, Die Venvallung Ostpreusscn's unter Friedrich WiUiflm I, p. 47.

2. Vahmiiaoo vox Knse, Denkwiirdigkeiten, II, p. H. — Stbkkkns, Was ich erleblc. — Klle y arrive fort mal pn-parée par un enseignement secondaire à peu pr<'M nul. Piui.ii'iMriN, I, p. 203.

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