Phiuppson, I, p. 303; II, p
planter Garmer, était tout prêt à greffer son intrigue personnelle sur les tentatives de réaction de la féodalité provinciale *.
Dès le 29 décembre 1791 % les États de l'un des petits territoires occidentaux, les États de Minden-Ravensberg , avaient, dans une adresse au roi, attaqué l'œuvre de Garmer avec une violence extrême. Leurs objections manifestaient, d'une façon très caractéristique, l'état d'esprit de l'aristocratie prussienne.
On n'avait pas le droit, disaient-ils tout d'abord, de modifier la législation sans l'assentiment des États provinciaux. Ils protestaient surtout contre la disposition du code qui autorisait les mariages légitimes entre les personnes de la noblesse et celles de la haute bourgeoisie, et qui ne faisait, cependant, que sanctionner un état de fait reconnu depuis assez longtemps '. Ge serait, disait l'adresse, la ruine de la vieille noblesse foncière. « Les lois sur l'égalité en matière de mariage et sur les promesses de mariage », ajoutait-elle, « portent bien le cachet de celte prétendue philosophie, imbue d'idées théoriques, et aujourd'hui si à la mode, dont le principal objet est le nivellement de toutes les classes. Mais combien la mise en pratique d'un principe semblable, dans la société humaine, est déplorable! N'en avons-nous pas la preuve dans l'abominable anarchie qui ravage la France? et, quelle que soit l'impossibilité matérielle d'appliquer ces principes, qui peut nous répondre que des faits pareils nese produiront pas, tôt ou tard, dans le reste de l'Europe, surtout si le législateur paraît prêter son appui aux idées nouvelles? La France n'eût, sans doute, jamais cessé d'être une monarchie modérée, si l'on eût mis plus de soin à préserver les véritables privilèges de la noblesse, et l'attachement au monarque qui en est la suite nécessaire. » L'alliance avec les familles bourgeoises, ajoutait l'adresse, substituerait l'esprit de lucre et d'infidélité aux traditions de fidélité et d'honneur de la vieille noblesse.
Les Étals de la Marche électorale réclamaient cl obtenaient un délai, jusqu'au 1" juin 1795 *, pour la préparation de leur code provincial, et l'on suspendait, pour la province, l'application de tous les articles du code, contraires aux coutumes locales.