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l'aristocratie et le code général. 137
De son côlé, la coterie n'était pas inactive. Hoym, Goldbeck, Dankelmann, obtenaient un premier succès, en décidant le roi, en avril 1792, quelques semaines avant la date fixée pour la mise en vigueur du nouveau code, à ajourner son application sans délai déterminé. Elle eût probablement réussi, comme elle le désirait, à anéantir définitivement l'œuvre tout entière, si l'amour-propre du roi n'avait été engagé, séduit sans doute, par le frontispice, où Carmer le faisait figurer en tête du nouveau code, avec le titre de législateur. En novembre et décembre 1793, Frédéric-Guillaume H prescrivit impérieusement d'en finir \
Le code parut ; mais on en avait retranché les quelques traces d'esprit libéral et humanitaire que Carmer y avait laissées. Le grand chancelier paya, d'ailleurs, son succès de sa disgrâce, et ne tarda pas à se voir supplanter par Goldbeck *.
Même après la mise en vigueur de ce code féodal, qui date du 1" juin 179Zi, la noblesse ne désarma point à son endroit. Le 12 juin 179/i , les députés des États de la Marche Électorale et de la Nouvelle Marche, insistaient de nouveau pour qu'on en suspendît l'application. Hien n'était plus dangereux, disaient-ils, qu'un code écrit en langue allemande et aussi largement répandu; ses expressions abstraites prêtaient facilement, pour des esprits peu éclairés, à des malentendus; des troubles étaient à craindre. A elle seule, l'expression de « citoyens libres », que l'on employait pour désigner tous les sujets de l'État, pouvait exciter les paysans à manifester leur mécontentement, à s'affranchir de leurs obligations. Quelque pénétré (pie fût le code des préjugés aristocratiques, la noblesse lui reprochait, avant tout, d'être une tentative faite pour substituer la règle, l'état de droit, au régime de l'arbitraire indéfini dont elle bénéficiait '.
Cet état d'esprit, ces tendances de la noblesse prussienne, se trouvent fidèlement rendus dans les mémoires du baron Frédéric-Auguste- Louis von der Marwitz. C'est bien un membre de la caste, mais non l'un des plus mauvais. Il parle en son nom, il est imbu de tous ses préjugés; mais, assez mêlé aux événements du siècle, il est, du moins, resté très ardent, très actif, dans son patriotisme prussien.
Pour lui, la hiérarchie féodale est, comme la monarchie, de droit
i. Philippson, I, pp. 290, 305; H, pp. 49, 53, 54.