ROLE DE LA PRUSSE EN ALLEMAGNE
d'un théoricien gémissait en Allemagne, à la fin du siècle dernier, sur un état politique qui ne permettait pas d'utiliser pour le bien de l'ensemble les mérites de l'individu. Plus d'un homme d'action éprouvait le besoin de dépenser son activité au service de l'intérêt général. Un grand nombre de ceux-là se trouvaient entraînés fatalement vers la Prusse *, comme y avaient été amenés ces colons étrangers ou allemands qui avaient peuplé son sol. Elle devait à son histoire antérieure, au génie de son peuple, aux efforts de ses souverains, d'être devenue en Allemagne le refuge de l'activité politique *, et sa décadence passagère ne pouvait entraver la loi de son développement ^. Cela seul explique qu'elle ait pu, au sein d'une administration routinière et corrompue, attirer et former des hommes comme ceux qui prirent plus tard en main l'oMivre de son relèvement.
1. Les notions allemandes sur le patriotisme permettaient ces émigrations. Voir, sous Frédéric-Guillaume II, BischolTswerder amenant en Prusse une cohorte de Saxons, dont Bruhl, le fils du plus violent ennemi de Frédéric II. Philippso>, I, p. 185. — Voir le revirement de Niebuhr, qui devient Prussien en 1806. TnErrscHKB, I, p. 253. — Voir Stein, TuErrscHKE, I, p. 273.
2. THKirsciiKE, I, pp. 40, 245, 273. — Dièses Preuszen (celle de Frédéric II) war sogar in lioherem Sinne ein Staat als irgend ein anderes Land Europa's zu jener Zeit. Philu'I'SON, I, p. 7. — Voir chez Stein l'idée de la supériorité de la Prusse. Peivrz, 1, 1). 242. — IIehdeii's Bviefe, 111, p. 213. — Bonn ^imwino. Das Leben des Oberprîisidcnten von Vincke p. 275.