‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 175 sur 570 · l'iliui'i'ku», I, |i · texte numérisé non relu

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l'inamovibilité des fonctionnaires. 145

administratif de Breslau. Mais ce n'étaient point seulement les fonctionnaires de l'ordre judiciaire qui étaient imbus de ce que l'on pourrait presque appeler l'esprit de résistance constitutionnelle . Le tribunal administratif de Breslau laissa traîner l'affaire en longueur, si bien qu'on dut transiger avec Troplin '.

Les défenseurs de l'inamovibilité ne se tinrent, d'ailleurs, point pour battus. Us inscrivirent, dans l'introduction au projet de code général, une disposition qui interdisait de déplacer les fonctionnaires sans l'avis du Conseil d'État, c'est-à-dire du conseil des ministres, et qui proclamait l'inamovibilité des fonctionnaires de l'ordre judiciaire ',

Sans exagérer la portée de ce mouvement ^ l'on peut y voir un symptôme de plus de cette évolution persistante qui avait fait, depuis le milieu du xvii° siècle, et qui faisait encore, même à la fin du xviii" siècle, de l'État prussien, et plus particulièrement de l'administration prussienne, le refuge presque unique de l'activité politi(iue de la race allemande *.

A juger avec nos idées actuelles, il semble bien que la Prusse fût, à cette date, un État fort hétérogène ^ avec ses provinces qui conservaient leur administration distincte, leur constitution, leurs États séparés, leurs lois particulières *.

Et cependant, si peu que lu Prusse répondit alors à l'idéal d'un État unitaire, elle n'en était pas moins la patrie morale des Allemands qui tendaient à affranchir leur race de l'infériorité et de l'im-

1. Die JvistiZ'Deputalion der Breslauer Kriegs- und Domânen-kammer. Phiuppsox, I, p. 162.

2. Piiiui'PSON, I, pp. 163, 304, 309. — Pertz. Il, 288. — Stein contre l'inamovibilité. TiiKirsciiKE, I, p. 283. — Eknst .Meikii, Die Refoiin der Verwaltitngs-Organisation unler Stein und llardenberg, p. 4.

3. HoRNHAK, II, p. 314. — Dasz aiich die scharfe Opposition, in welcher ein guler Theil der preussischen Aiifklàrung gegen din Regierung Friedrich Wilhelm's II geraten war, die ûttszere Ordnung des Slaules nicht erschùtterte, wird nian schon

ersehen In dieser Verfechtung aber sich zu mehr als literarischen Fehden und

Demonstralionen zu versteigen, lag weder in der Macht noch in der Seigung derer die dabei in Vordergund standen. Wenck, p, 219.

4. VVenck, p. 147. — C. Perthes, Das deutsche Staatsleben vor der Révolution,

5. BoRNiiAK, II, p. 258. — TuEiTSCiiKE, Verfassungsgeschichtc in Preussen {Pi-euS' sische Jahrbûcher, 1872).

6. Pmui'PSON, I, p. 34. — Bornhak, II, p. 190. — Voir le jugement curieux de Stein dans son mémoire d'avril 1806 : ein sehr nettes Aggregat. Pertz, I, 331. — Aile preiiszixche Volkerschaften, dit à la même date Jean de Millier. Pertz, I, p. 348. — Ein fôderativer Stant. Pertz, 1, pp. 3"i2, 4:i0. — Ernsï Meier, iJie Re/orm der Verwaliungs-Organisation unter Stein und llardenberg, p. 29.

puissance politique dans lesquelles elle végétait. Sa décadence Riomcntanée n'empêchait pas qu'elle n'eût travaillé, depuis près de deux siècles, à opérer sur elle-même cet effort de concentration et de transformation que le patriotisme allemand aspirait de plus en plus à voir se réaliser au sein de la grande patrie allemande. Si le Grand Électeur, si Frédéric-Guillaume I", si Frédéric II n'avaient pas réussi à fondre en une unité fortement cimentée les différents éléments de la nation prussienne, ils avaient cependant imposé au particularisme de leurs provinces, à l'esprit oligarchique, à l'individualisme allemand, assez de sacrifices pour avoir constitué un État, qui avait donné à l'Europe des preuves irrécusables de sa puissance *.

Celte puissance, il est vrai, semblait alors s'effondrer et sa décadence voilait, si elle ne l'effaçait point, l'histoire de son passé. Dans les angoisses patriotiques que suscitait, chez les esprits les plus éclairés et les plus généreux, l'effondrement de la nationalité allemande durant les premières années du siècle, ceux que le sentiment .de l'impuissance, l'obscurité de l'avenir, l'impossibilité apparente de la solution, ne rejetaient pas vers l'inertie et l'inaction tournaient sans doute leurs regards vers la Prusse. Le spectacle qu'elle offrait ' ne permettait point de concevoir alors les espérances qu'elle a cependant réalisées depuis. 11 semblait que les rigueurs de fer de son organisation administrative et militaire n'eussent abouti qu'à la faiblesse et à l'impuissance. Plus d'un, comme Steffens, la maudissait alors, qui devait, quelques années plus tard, devenir un de ses admirateurs les plus enthousiastes.

Mais si personne ne pouvait prévoir, au début de ce siècle, qu'elle dût devenir l'instrument de la libération nationale, d'autres causes attiraient ^ vers l'État prussien, de tous les ])oints de l'Allemagne, les activités les plus diverses. Queltpie individualiste que soit une race, elle n'échappe pas à ce secrot instinct qui destine l'homme à vivre en société et ipii ne saurait le laissiM' indifférent, ni à la direction, ni au sort de la société au sein de hupieile il vit. Pins d'un |>liilosophe, plus

1. Wksok, pp. 148, 158, 162, 165. Voir la Riiftrre de Sept Ans ol les oriKiiu's du palriolisnii^ (>rii«Hicn. — Voir Aich. /tint, du Min. de la <juerrc, Corrcspoiulanco de la flrnndi! AriiiiM-, 0 mars 1807. oxlrails de la Minnvn. — Trbitschkk, Die Verfn'suiif//i(/em-fiiclile in l'rpusscn [l'rcu.s.si.H'fir Jti/irhuv/ier 1K1"J).

2. PiiiLiii'sos. I. p. 3N1. — Wrnck, p. 221. — Voir BiUow, Mkmzki., Zwanzig Jahre preuJiiiKclirr iiriirhichtf, |). "iOtf.

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