‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 199 sur 570 · INFLUENCE DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE EN PRUSSE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE EN PRUSSE

tant, puis en domptant l'Europe coalisée. Ce fut là surtout l'exemple et la leçon dont prolita la Prusse *.

Jusqu'à ce que l'État prussien succombât au contact matériel des forces révolutionnaires, il parut chercher sa voie comnie à tâtons *. Le roi, tous ceux qui l'entourent, se débattent dans une situation dont ils sentent la faiblesse, au milieu d'un affaissement dont les causes profondes leur échappent. Les esprits les plus libéraux et les plus éclairés poursuivent seulement des réformes isolées et à longue échéance ^.

Lorsque la Prusse a touché le fond de l'abîme, une idée nouvelle apparaît et domine tout. L'histoire de la Prusse, après 1806, n'en est que le développement. C'est que, seule, une transformation sociale, en déchaînant les forces vierges, emprisonnées dans le réseau de la féodalité et de l'Élat-Providence *, permettra à cette puissance anéantie de réaliser l'cLHivre en apparence impossible de sa libélatioii.

Ces espérances, conçues à l'heure où l'espoir même semblait interdit à la l^russe, se réalisèrent peu d'années après.

Nous ne pouvons penser sans douleur que les folies du despotisme impérial contribuèrent à former, à nos dépens, ces idées et ces sentiments, et que ce qu'il y eut de généreux et d'élevé dans le mouvement de l'indépendance allemande, éclata dans la lutte et dans l'hostilité passionnée contre le nom français \ Mais ce peut être une consolation de songer que les inspirations les plus élevées de ce peuple furent puisées à la source que la France avait ouverte", que si cette race, vingt ans auparavant courbée dans l'oppression, perdue dans l'indifférence ou l'idéalisme, se dressa par un réveil presque subit, armée et puissante pour la défense de sa nationalité, c'est que la Révolution

Scharnlioral, 11, p. 15. — Erinnerungen aus dem Leben des Feldmarschall'a vo.n BOYKN, 1, p. \-2'à.

1. Allcnslein a vu Napoléon à Tilsit. Il écrit le 4 juillet 1807 à Schôn : Diesen werdet ihr niclit zermabnen... Er isl von Gott gesandt, die Schwâche zu zermalmeti und Kraft zu erregen. Aus den Papieren Schon's, II, p. 24.

2. Tkeitsciike, 1, pp. 159, 161. — Zu Seliulz und Tiutz am Grabe Schôn's, p. 12. — Krsst Mlikh, Die lieform der Verwultungs-Organisation unter Slein und Hardenbercj, pp. 133, 134. — Lehm.xnn, Scliarnhorst, II, pp. 83, 98.

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