V^ii.NCK, pp. 12 à
Révolution française, en montrant ces idées réalisables et réalisées, avait entraîné, dans une heure d'enthousiasme et d'allégresse, l'Europe presque entière '. Les Allemands y avaient perdu jusqu'au sentiment de leur nationalité, et celle première explosion d'enthousiasme n'avait pas été seulement un entraînement passager *.
Plus tard, lorsque l'instinct de la conservation, l'enivrement de la puissance récemment acquise, quelques traits anciens du caractère national, avaient substitué à la passion de l'humanité et de la justice, le goût de la puissance militaire, et l'orgie du pouvoir matériel à l'enthousiasme des idées, la Révolution exerça, sur la transformation sociale de l't^urope, une action tout aussi directe, en communiquant l'ébranlement lînal aux vieux organismes qui représentaient le passé et qui résistaient par leur force d'iuertic '.
Ce ne fut cependant, en Prusse, ni par la propagande intellectuelle et directe, ni en écartant les obstacles de l'ancien régime, que la Révolution française agit le plus puissamment; ou du moins, à cette double action, s'en joignit une bien plus sensible et plus apparente.
La Révolution française avait ouvert l'ère démocratique. Elle avait affranchi, elle avait appelé à jouir de l'égalité des droits, tous ceux de l'oppression et de l'exploitation desquels vivait l'ancien régime. En associant à la vie politique les éléments sociaux (jui en avaient été jusqu'alors tenus à l'écart, elle avait communiqué au corps politique rajeuni une vigueur imprévue, une force irrésistible. Elle avait, pour la première fois, montré la puissance * de la démocratie, en arré-
\. TiiKrrsciiKK, I, p. IIH. — Wknck, p. 200. — âlbeht Sohki., l'Europe et la liévolutioit frani;aise. — Piiii.ii'Pson, II, p. 2. Voir ci-dessus les orainlca (i'étuignilion (tn France, le |irinre Henri. C'est par une méconnaissance cirante de celle forme de l'influence révolutionnaire (jue Theitsciikk écrit, I, p. "ÎO : \S te die Ideen der lieioluliun er.st diirch Sa/ioleon wirksa7n verbreilct wurden. — liilc est d'ailleurs liinilée au début à un milieu restreint, surtout en Prusse. Erinnerungcn aus dem Lehen des l'eldnmrschair.s- von Hovkn, I, p. 134.
2. Cette action est telle que les sympalliies laissées par la llévolution française sont encore, en 180S. un ohsiacle h la l'ormation du palriolisme allemand. I'khtz, 11, p. l'JO. — En i.sl h'-kcnnt wie vielc Deutsche, nut/ireud des l\rief/ex mil dent t-evolutionilren Frnukreich, o/tne sic/t efien zit jaroliinisclten <iesitt)iuni/en zuhekennen, doch kein llehl tlaruun mneltlen, diisz aie jede Svderlnqe iler deuisciten W'itfjen als eiiien Gewinn fur die Mensc/iheit ansàlien. Wknck. i>p. 220, 222, 223, 220. — Erinnerurif/en au» dem l.ehen des h'eliltnurschall's von Uovkn, 1, p. 230.
3. Voir en l'ru-se. Kbnht Mkikh, Die Itefonu der VerivaUwiqs-Organisnliou, pp 133. I3i. - Lkiiman?!, Srharnhorst, II, p. 83. — Erinncruiujen aus dem Lehen drt l'eldmnrschiill's von Hovkk, I, p. 137.
4. lite dâmonische Marfit, dit conslaunnent Thkitsciiki:, I, p. 102. — Lkuaiann,