Philippson, 1, p. 1. — Ranke, I, pp
4. Encore aux traités de Weslplialie. Urovsen, 111, i, p. 246.
5. Droysen, 111, II, pp. 285, 302; 111, ur, p. 38. — Ranke, MI, pp. 271, 289, 367.
6. Ranke, 1-11, jip. 252, 257, 294. — Skrupelloseste Schlauheit, dit Piuuppso.n, I, p. 2, en parlant de la iiolilique du Grand Électeur.
7. Droysen, 111, ui, p. 407. — Ranke, I-II, pp. 307,308,310, 314, 329, 334,333, 343, 338, — Historische Zeitschri/t, LX, 1888, p. 321. — La contradiction qui se trouve dans la politique du Grand Électeur se retrouve dans les appréciations de Ranke.
198 LA POLITIQUE EXTÉRIEURE DE LA PRUSSE AVANT lÉNA.
Enfin quel exemple plus éclatant de ces lacunes dans le patriotisme allemand de la Prusse que celui du Grand Frédéric lui-même, lorsque, pour mettre la main sur la Silésie, il s'appuya sur l'alliance française?
Il n'est donc pas exact de dire que la Prusse se soit faite, en face de l'étranger ou en face de l'Autriche, le champion persévérant du sentiment national de l'Allemagne. A ne considérer que la politique extérieure de la Prusse, son unité est tout autre; c'est un État de second ordre, très faible à ses débuts, obligé de se frayer un chemin pour se créer sa place au milieu des grandes puissances *. Il faut sentir le vent, s'attacher aux forts, les quitter lorsqu'ils deviennent faibles, et passer au camp opposé; ne pas se compromettre avec les causes perdues. C'est une politique toute de prévoyance, de duplicité ', de revirements opportuns. Les contemporains qui l'ont dirigée, en ont maintes fois donné la formule '.
« L'État prussien ne doit pas rester neutre », écrivait le Grand Électeur. « Toujours en vedette », disait Frédéric II *. Ou encore, sous forme de critique, en parlant des ministres de son père : « Les
b veulent faire des conquêtes avec la plume et non avec
l'épée •'' ». Leibniz trouvait une formule plus précise encore. « Le Brandebourg », dit-il, « voyant la Suède dans l'embarras, a marchandé : Je m'attache à qui me donne le plus. »
Cette politique, que caractérise un mélange d'audace opportune, de vigilance et de précautions constantes, l'État prussien ne l'a jamais abandonnée sans courir au-devant de graves périls, qui devenaient d'autant plus redoutables que sa puissance croissante excitait plus d'ombrages. C'est celle qu'ont su pratiquer les deux Hohenzôl-
qul, après avoir cùii^bré la mission alloinandc du Grand Klocti-iir, 1-11, p. 329, reconnaît (lue son palriolisme allemand était vague et non exprimé. — Voir cette ménn- conlradi<'lion clie/. Frédéric-Guillaume 1"", analysée par Lavisse, la Jeunefse. de Frédéric II. — Voir de même Thbitschki;:, I, p. 53. sur les sentiments allemands de Frédéric II.