‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 228 sur 570 · l'iiiLippsoN, I, pp · texte numérisé non relu

l'iiiLippsoN, I, pp

6. TitiiiTsciiKE, I, p. 125. Preuszen gab die stolze Unabhûngigkeit dcr fridericia' nischcn l'olitik auf. Treitschke, I, p. 127.

202 LA POLITIQUE EXTÉRIEURE DE LA PRUSSE AVANT lÉNA.

ment cette entreprise comme un nouvel élément des intrigues compliquées où s'agite leur diplomatie '. Leur rivalité à peine assoupie, leur avidité jalouse, leur méfiance réciproque se réveillent aussitôt*. La Russie, d'ailleurs, quia poussé les puissances allemandes vers l'Ouest, afin de réaliser ses projets sur la Pologne, agit comme un puissant dissolvant. Exploitant la mobilité de Frédéric-Guillaume II, elle l'entraîne au second partage de la Pologne, l'engage de ce côté dans une guerre désastreuse, et conclut, bientôt après, avec l'Autriche, le troisième partage.

La Prusse, épuisée.^ par ses campagnes malheureuses sur le Rhin et en Pologne, a, peu à peu, relâché les liens qui la rattachaient à la coalition. Elle les dénoue bientôt, en 1795, en signant, avec la France, le traité de Râle. On l'a vue ainsi, tour à tour, dans l'espace de dix années, braver l'Europe presque entière, se rapprocher brusquement de l'Autriche, s'engager avec ardeur dans la campagne contre-révolutionnaire de 1792, se rebuter de son entreprise, se compromettre en Pologne et conclure enfin, à Râle, un des premiers traités qui aient porté la signature de la France révolutionnaire.

Dans la période de déclin qui suivit, pour la Prusse, la mort de Frédéric II, le traité de Râle marquait une première élapc. Elle abandonnait à la France la rive gauche du Rhin. Elle s'isolait, se dégageait du grand conflit européen et se réfugiait dans la neutralité.

En 1796, au lendemain du traité de Râle, cette atlilude [)ouvait se défendre par de bons arguments *. La Prusse venait de faire une expérience assez pénible de la politique de coalition '; elle n'avait pas eu à se louer de sa coopération avec l'Autriche et la Russie, et la France révolutionnaire n'était pas encore apparue assez redoutable

1. PiiiLiPPSON, 1, pp. 291, 294, 295; H, pp. 0, 11. — Theitscukk, I, p. 1:20.

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