FRÉDÉRIC-GUILLAUME II
Héritier de la puissance de Frédéric II, profitant des hostilités suscilées partout par les entreprises de Joseph II, exalté par le succès de la facile entreprise de Hollande, Frédéric-Guillaume II semble un instant maître de l'Allemagne. En présence de la,Prance annulée, de l'Autriche et de la Russie engagées dans la guerre contre les Turcs, la Prusse, entourée de l'Angleterre et de la Hollande avec lesquelles elle vient de conclure le traité de la Triple Alliance , réunit autour d'elle la Pologne et la Suède. Elle apparaît presque comme l'arbitre de l'Europe '.
Mais autant Frédéric II a eu le sentiment toujours présent, entretenu en lui par d'amers souvenirs, de la précarité de son œuvre, autant, au contraire, Frédéric-Guillaume II semble empressé à compromettre les ressources matérielles amassées par son prédécesseur, la puissance et le prestige dont il a doté la Prusse*. Esprit superficiel et mobile, entouré d'intrigants et accessible à leurs conseils ^, il compromet en quelques années l'héritage politique du grand roi.
Lorsque, au lieu de l'esprit entreprenant et aventureux de Joseph II, la Prusse trouve en face d'elle la politique astucieuse et l'esprit mesuré de Léopold II, l'édifice fragile s'écroule de luimême! \
Au dernier moment, face à face avec l'Autriche, Frédéric-Guillaume hésite, puis recule, devant l'effort matériel nécessaire pour soutenir ses projets grandioses, et, donnant une première preuve de sa versatilité, il se rapproche de l'Autriche contre laquelle a paru jusqu'alors dirigé tout l'effort de sa politiipie ^.
Dès lors, la politique prussienne devient de plus en plus incertaine et inconséquente *. Le rapprochement des deux puissances a noué la première coalition. Elles s'engagent dans la lutte contre la Uévolulion, bien éloignées d'en mesurer la portée ou d'en soupçonner les conséquences. Il semble qu'elles courent à la recherche de quelques lambeaux de territoire, et qu'elles considèrent seule-