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LA POLITIQUE DE NEUTRALITÉ

pour qu'on ne pût mettre au moins en balance ' avec les périls qu'elle faisait courir à la Prusse, ceux que lui eût suscités la prépondérance de l'Autriche et de la Russie.

Il est vrai que le patriotisme allemand a depuis reproché avec amertume à la Prusse d'avoir livré à la France ses territoires transrhénans. Mais si la Prusse avait, pour sa part, abandonné implicitement à Baie, et plus explicitement dans les traités complémentaires de 1796 % la rive gauche du Rhin à la France, elle pouvait soutenir que cette cession avait été faite conditionnellement ^, et sous réserve des stipulations à intervenir lors de la pacitication générale. D'autre part, elle conservait, grâce à la ligne de démarcation, une situation considérable^ au sein de l'Allemagne du Nord. Elle offrait la garantie de sa neutralité et de sa protection à tous ces petits États, affamés de paix et de sécurité ^ qui ne semblaient avoir d'autre préoccupation que d'éviter à tout prix les troubles, les dommages ou les horreurs de la guerre. Elle ne pouvait manquer d'étendre ainsi son inlluence et sa clientèle". Elle assurait enfin, non seulement à son commerce propre qui se développa notablement dans cette période ^ mais à cette expansion intellectuelle de l'esprit allemand ^ dont l'éclat remplit précisément ces années, les avantages de la paix et d'un abri tranquille. Endn l'attitude de la Prusse répondait encore à la sympathie secrète ou déclarée avec laquelle un grand nombre d'esprits suivaient * en Allemagne le développement de la Révolution française.

La neutralité prussienne ne donnait point seulement satisfaction au sentiment de dégoût très marqué (pi'avait laissé l'activité inconsidérée de Frédéric-Guillaume II, elle concordait avec le caractère do son successeur. Par sa timidité *" développée encore par son éducation, par

1. Voir Hardenberg sur ce point. Haki ssku, H, p. 47. — Rankk. Ihn-dfnhprg, I, p. 498, et IV, p. 79.

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