Bailleu, II, pp. xvj. xxix, xxxvij
1. Haeusskh, 11, p. 430. — Hau.leu, II, p. xxxvij. — Pertz, I, pp. 249-231. 8. Voir Tulleyrand et Gaillard pour lalliance prussienne en 1797-1798. Bailleo, I, p. xl. — Haeusseh, II, p. 475.
206 LA POLITIQUE EXTÉRIEURE DE LA PRUSSE AVANT lÉNA-
l'étendue de ses desseins gigantesques, lui conseillaient de s'assurer*, ou s'associer au contraire à la résistance que préparait l'Europe contre l'expansion militaire de plus en plus menaçante de la France. Frédéric-Guillaume III ne sut se résoudre * ni à accepter le Hanovre des mains de la France, ni à résister aux projets de Napoléon. Il laissa les troupes de Mortier occuper ce territoire qui louchait à ses États, et la longue négociation qui suivit cette occupation se termina, en avril ISOli ^ par une nouvelle déclaration de la neutralité prussienne. C'est à partir de cette date que s'incline visiblement la pente qui conduit la Prusse à léna. Plus elle se montrait irrésolue en présence d'une situation chaque jour plus pressante, et plus son autorité diminuait*. Dans le grand conilit qui embrasait le monde, sa force militaire était restée à peu près intacte. On la jugeait à travers les souvenirs de la guerre de Sept Ans. Chacun appréciait l'intérêt qu'il pouvait avoir à s'assurer le concours ou, à défaut du concours, l'inaction de la Prusse. On voyait se reproduire, avec une désespérante monotonie, les doubles instances^ de la coalition et de la France auprès d'un gouvernement qui se dérobait toujours. Mais la Prusse ne voulait s'engager ni d'un côté ni de l'autre. Ce n'était plus la neutralité de l'Allemagne du Nord qu'elle défendait, c'était sa neutralité propre *, et cette neutralité n'était plus la prudence d'un gouvernement qui se réservait pour les résolutions oi)portunes, c'était l'inerlie d'un souverain incapable et timoré qui subissait sans agir la fatalité des événements. Aussi, si l'on continuait à attacher quoique prix à la coopération d'une puissance qui dis[)osait encore d'une armée de plus de deux cent mille hommes ', on tenait chaque jour moins de compte
1. Tallryrami présente en 1805, dans une conversation avec Lucchcsini, l'alliance prussienne comme une digue ii l'ambilion de Napoléon. Haelssku. 11, p. SGI. — Ra?ikk, Hardenbcrg IV, p. 45. — Sbouh, Histoire et Mémoires, 111, p. li.
2. Baillku, II, pp. xxxiv, xlvj, Ixj. — IIaki'sski\, II, p. 4C9.
3. Hakishkh, II, pp. 444, 4G8. 5H ; i avril 1804, p. 513. — Uaili-ku, II, p. xlv, 3 avril r-l 24 mai 1804 avec la Hus.sic, ihiil.. Il, xxlix. — Ranki:, llardenberg, I, p. 480; rt II, p. :i4.