L'OCCUPATION DU HANOVRE PAR LA FRANGE
Elle avait assisté, avide et impuissante *, au bouleversement de l'Allemagne, à l'effondrement du vieil Empire germanique, aux sécularisations ^ du recès de 1803.
Il était dans la fatalité des événements que l'inaction dût devenir de plus en plus dangereuse ', de moins en moins justifiable, à mesure que se précipitaient les événements, qu'apparaissait plus net le conflit de la Révolution et de la vieille Europe, que s'accentuait davantage la prépondérance de la France. Dans ce passage progressif d'une neutralité bonorable à l'abandon le plus complcl, l'occupation du Hanovre par la France, en 1803, marque une époque décisive *.
Un semblable événement était à la fois l'indice des projets d'expansion et de conquête de Napoléon et le signe des progrès que la France avait faits en Allemagne *. 11 atteignait la Prusse de la façon la plus grave. Ses intérêts commerciaux, son désir ardent et bien connu de mettre la main sur le Hanovre, la résolution qu'elle avait prise, en 4801, dans une circonstance analogue, de l'occuper, tout devait pousser le gouvernement de Frédéric-Guillaume HI, prévenu directement des intentions de la France, à une résolution ferme '. Il s'agissait d'un État situé au cœur même de l'Allemagne du Nord. C'était, en réalité, l'épreuve sur laquelle on allait juger cette neutralité tutéiaire que la Prusse avait inaugurée lors de la paix de Bàle, la valeur réelle de cette protection qu'elle s'était targuée d'étendre sur l'Allemagne du Nord, pour lui assurer la tranquillité, le libre développement de sa culture intellectuelle et de ses intérêts matériels '.
La Prusse pouvait, à cette date, choisir entre deux partis bien distincts : apporter à la France celte alliance européenne * que les plus prévoyants des conseillers de Napoléon, n'osant mesurer encore
i. Theitsghke, I, p. 183. — Haeusser, II, p. 376. — Bailleu, II, pp. xiv et xx.
2. Thkitschke lui reproche de n'avoir pas su arborer le principe des sécularisations, I, p. 80.
3. Haeusser, II, p. 345. — Bailleu, H, pp. xiv, xxvij. — Seeley, Life and Times ofStein, 1, pp. il8, 228, 234.
4. Haeusseh. II, pp. 443, 468. — Seeley, I. p. 230. — Baillec, II, pp. xxx àxxxvj, xlvj. — TmmsciiKE, I, p. 213. — Ranke, Ucudenberg, II, passim.