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LA POLITIQUE EXTÉRIEURE DE LA PRUSSE AVANT lÉNA

22 août 1805 *, conseilla nettement au roi d'occuper le Hanovre *. Il put croire un instant que son avis, appuyé par le duc de Brunswick lui-même, avait définitivement prévalu et ipie le roi l'avait adopté. C'était méconnaître étrangement le caractère du souverain. L'organisation de sou ministèi-e ' lui permit d'échapper une fois de plus à la décision qu'il se voyait pressé de prendre. Changeant de conseiller * pour changer de résolution, il écrivit à Haugwitz pour lui demander ses avis et reçut de lui le conseil ^, qui ne faisait sans doute qu'aller au-devant de ses propres désirs *', de ne point s'enffasrer. de s'en tenir à la neutralité et à l'inaction. Aussi Duroc, en arrivant à Berlin en septemhre 1805, y trouva-t-il un accueil plus hésitant et plus indécis encore qu'il n'avait pu le prévoir ". Bien loin d'accepter les propositions d'alliance de la France, on lui répondit par des offres de médiation pacifique.

On connaît les événements qui suivirent. Alexandre veut contraindre la Prusse à s'associer à la coalition, la menace de violer son territoire. Le roi, sous le coup de cette menace, semble retrouver quelque lueur de résolution ^ 11 mobilise son armée contre la Russie. A ce moment même, Napoléon exécute la menace faite par Alexandre. Il viole le territoire des duchés franconiens d'Anspach et de Baireuth, possession des HohenzoUern, et jette ainsi la Prusse dans les bras de la coalition. Mais, en prenant le parti de se joindre à elle, le roi accompagne cette résolution d'un commentaire qui le peint tout entier : « Je tremble en songeant aux suites », dit-il à Hoym '.

L'i Prusse, <pii jadis avait su se tenir à l'écart des conllits qui ne la touchaient point, et, lorsque ses intérêts étaient en jeu, prendre à temps les résolutions opportunes, venait, dans l'espace de vingt années, de donner, avec Frédéric-Guillaïune 11, le spectacle de la légèreté la jiliis téméraire à s'engager sans tnolifs, et avec Frédéric-

* 1. Bailleu, II, p. lix. — Ranke, HardenLcrg , I, p. 510; 11, p. IDo. — llAiicssic», II» p. «01.

2. Baii.lei;, II, pp. Ixij, Ixiij. — Rankk, llardenhery, I, pp. 510, 520; H, p|). ';,. 2H, 212. — IIakihsku, II. pp. :i03, 603. — Theitsciiki:, I, p. iVi.

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