‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 255 sur 570 · MARWITZ · texte numérisé non relu

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clat éclairé, s'élait entaché de nouvelles doctrines, était devenu antibelliqueux et ne pouvait servir *. »

L'esprit féodal a sa part dans ces appréciations. Mais quelle absence de ressort patriotique les faits dénotent? La froideur avec laquelle les États de la Marche accueillent les ouvertures de Marwilz est un trait caractéristique. La noblesse opprime et exploite le paysan; elle n'est point un centre d'action et de vie locale; perdue par l'étroitesse de caste, et en dernier lieu par l'esprit de jouissance grossière, elle est fermée aux idées d'un patriotisme viril *. La masse n'est pas moins apathique; son inertie ' est celle qui résulte de l'oppression et de la servitude. Quant au tiers état, les tendances individualistes et idéalistes, sympathiques encore en quelque mesure à la Révolution, à son œuvre, à la France, dominent l'Allemagne. Elles ne préparent point le milieu éclairé à une action énergicjue *.

C'est cependant dans les quelques mois qui séparent Austerlilz d'iéna, au sein de cette époque complexe comme toutes les époques de transition, qu'apparaissent en Prusse les premières traces visibles de réaction contre les courants dominants. L'inertie, la croyance à l'infaillibilité du gouvernement ", le désintéressement polili([ue, ont reçu de trop rudes atteintes pour n'en être pas ébranlés. Les événements de 1805 et de 1806, l'attitude de la Prusse pendant la crise de la troisième coalition, à la veille et au lendemain d'Austerlitz; l'humiliation qui résultait pour elle des traités de Schoenbrunn et de Paris, où Napoléon lui avait imposé sou alliance; le mépris ® où était tombé « l'État de Fi'édéric le Grand » ; les affronts que ne lui méuageaient ni l'Angleterre, ni la France, ni la Suède ^ ni même les petits États allemands, forts de la protection française à laquelle

1. Was nur irgend, dil-ii ailleurs, mit (1er scliwachen Seile des Uofes, den Gelehrten und dem sogenannten gebildelen Millelslande zusammenhinfj. Mauwitz, I, p. 153. — Voir les mêmes appréciations à jJeu près reprises par Von uek Gultz, Roszbuch und lenu, p. 281.

2. Lehman.n, Knesebt'ck und Schôn, p. 240. — Bornuak, Gesehichte des preussischen Verwallungsrechts, 111, p. 3.

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