‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 286 sur 570 · L'OCCUPATION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

L'OCCUPATION FRANÇAISE

complètement défaut parmi ceux qui avaient la responsabilité et la direction des affaires, que l'on dût rencontrer plus de caractère parmi les subordonnés qui étaient abandonnés à eux-mêmes au milieu de circonstances dont personne n'avait, huit jours auparavant, le pressentiment."

Rien d'étonnant à ce que le vieil organisme administratif, dont nous avons décrit la faiblesse et que la déroute avait livré à lui-même, se prêtât sans difficulté à ce que le vainqueur exigeait de lui et devînt entre ses mains un instrument précieux *.

L'Empereur, et ceux qu'il avait chargés de prendre en mains l'administration prussienne, n'avaient pas lardé à reconnaître dans les chambres provinciales l'intermédiaire obligé et utile de leur action sur le pays conquis. Ils avaient tout intérêt à utiliser les éléments de centralisation qu'ils rencontraient, les chambres provinciales qui restaient, après la disparition du gouvernement central, l'organe le plus élevé de la hiéiarchie administrative. En se prêtant au rôle qu'on leur assignait, elles facilitaient singulièrcnitMii la tâche du vainqueur *.

Dès le 2 novembre ^, Eslève, trésorier général de la Couronne et administrateur général des finances et des domaines prussiens pour le compte des Français, avait adressé à tous les agents des finances une circulaire très explicite. Il leur prescrivait de rester à leur poste, d'y poursuivre le recouvrement des impôts, et d'en verser le montant dans les caisses françaises instituées dans chaque cercle.

On avait mis la main sur le ministre von Angern *, que Frédéric- Guillaume avait laissé à Berlin comme son représentant, en lui donnant pouvoir de défendre les intérêts de la capitale, et d'en diriger, suivant les circonstances, l'administration; et, quoique Angern n'eût aucune compétence pour donner des ordres aux fonctionnaires de l'État entier, on l'avait chargé, bon gré mal gré, de transmettre la circulaire d'Estève aux agents des finances dans tout le pays conquis. Otte première précaution ne laissait plus aux organes chargés de l'administration prussienne et notamment aux chambres provinciales aucune ressource disponible.

i. Pertz, I, p. 357; II, p. 289. — .Marwitz, I, p. 190.

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