Ranke, Hardenberg, UI, p. 308. — Pertz, 1, p
apportées par le général Bertrand *. Hardenberg avait représenté qu'il était tenu depuis longtemps à l'écart des affaires, qu'il lui fallait, pour se faire une opinion, être exactement renseigné sur les forces et la situation de la Prusse, de la Russie, de la France, sur les négociations engagées avec les différentes puissances. Toutes les pièces lui avaient été aussitôt communiquées *.
Avant que son travail fût terminé, le 19 dans l'après-midi, Hardenberg fut mandé auprès du roi avec Rûchel et Zastrow. La discussion fut des plus vives. Zastrow voulait qu'on écrivît au czar pour lui demander son assentiment au projet d'une paix séparée entre la France et la Prusse. Hardenberg combattit cette opinion de la façon la plus décisive. Riichel, quoique Hardenberg le crût au fond de son avis, évita de se prononcer avec netteté. Le roi décida que toute idée de paix séparée serait écartée ^
Ses apologistes ne manquent pas de faire remarquer qu'il donna en cette circonstance une preuve de décision patriotique, et qu'il lui fallut une certaine énergie pour renoncer à la perspective tentante de recouvrer de suite la portion de ses États située en deçà de TClbe et de mettre un terme à la guerre * . Ce n'était point la première résolution de ce genre que prenait Frédéric-Guillaume 111. Mais il ne suffisait pas de la prendre; il fallait encore l'exécuter. Il eût été bon surtout de ne point paraître préoccupé de se réserver, par le maintien de Zastrow au ministère, une porte de sortie, et le moyen de renouer à tout momt;nt une négociation dont on repoussait alors la pensée *.
Zastrow avait d'ailleurs engagé la politicpie prussienne dans une voie différente par l'envoi de Kleist à Napoléon. Le 20, cependant, Hardenberg, Rûchel et Zastrow se réunirent chez ce dernier pour préparer la lettre qui devait être envoyée à l'empereur de Russie.
1. C'est l'occasion du rapprochement entre le roi cl Hardenberg, Rankk, Ihirdenberg, IV, p. 60; le l.'i. Ilanlenborg est invili^ h la tabi»» royale et pour la première fois parle des alTaires avec, le roi. Hankk, llardriifin-;/, lll, p. ;I04.