‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 320 sur 570 · HARDENBERG ET FRÉDÉRIC-GUILLAUME III · texte numérisé non relu

HARDENBERG ET FRÉDÉRIC-GUILLAUME III

Une querelle assez vive, d'un ton même discourtois, éclata entre Hardenberg et Zastrow; mais comme les trois ministres n'avaient qu'à exécuter la décision royale, ils se mirent cependant d'accord sur les termes de la lettre, dans laquelle Frédéric-Guillaume donnait à Alexandre l'assurance que « jamais son intérêt particulier ne l'emporterait sur l'intérêt général ' ».

Le 20, Hardenberg revit le roi et fut de nouveau invité à sa table. La reine était présente et, au cours de la discussion, elle encourageait Hardenberg à voix basse : « Tenez bon », lui disait-elle à l'oreille. On venait d'apprendre que Kleist s'était arrêté en recueillant la nouvelle de la retraite des Français sur la Passarge. On décida de ne point contremander sa mission *; mais, malgré la très vive opposition de Zastrow, Hardenberg obtint que les termes de la lettre qu'il portait à Napoléon fussent sensiblement modifiés ^

Hardenberg n'avait pu encore, cependant, malgré son désir, voir le roi seul à seul, Frédéric-Guillaume 111 paraissait redouter que, dans le tête-à-tête, des explications désagréables ne pussent être échangées. Le 25 février, le roi fit savoir à Hardenberg qu'il désirait le voir assister chaque jour au rapport que lui faisaient les conseillers de cabinet.

Le 28 février, Beyme se rendit chez Hardenberg, le pressa en son nom personnel de prendre en main la direction des affaires extérieures, et lui fit part des mécontentements qui se manifestaient de toutes parts contre Zastrow *.

Le 5 mars, Hardenberg fut appelé à donner son avis sur la réponse de Napoléon rapportée par le colonel Kleist. Il eut enfin ^ à cette occasion, avec le roi une entrevue particulière qui dura deux heures. « Je le suppliai », dit-il, a d'agir en maître et en roi, et je le quittai en me rendant cette justice que personne ne lui avait encore dit la vérité, que personne ne la lui avait fait accepter comme je venais de le faire. » — « Sur un seul point » , ajoute-t-il, « le roi m'avait contredit : il ne voulait point admettre les motifs qui paraissaient à mes yeux commander impérieusement la retraite de Beyme '. »

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