Ranke, Hardenberg, IV, p. 64; 111, p
6. Voir le mémoire lu au roi par Hardenberg, Ranke, Hardenberg, Y, p. 444; III, p. 318.
Peut-être Hardenberg avait-il fait entendre au roi beaucoup de vérités. Il n'avait point en tout cas réussi à les faire pénétrer dans cette cervelle bornée. Le 12 mars *, en effet, le roi réunit les ministres présents à Memel : Schrôtter, Zastrow, Hardenberg et Vosz qui venait d'être adjoint au conseil sur la recommandation de Beyme, et leur communiqua le résultat de ses réflexions et les bases de la nouvelle organisation qu'il avait arrêtée - : les quatre ministres ci-dessus désignés assisteraient au rapport journalier que les membres du cabinet présentaient au roi, et à la suite duquel ils lui faisaient signer les décisions.
C'était la confusion même '. Ministres et membres du cabinet, partisans du traité de paix séparée avec la France * et partisans de l'alliance russe, formaient l'assemblage le plus hétérogène, et les délibérations de cet étrange conseil de gouvernement ne pouvaient aboutir qu'à la plus lamentable inaction.
Les contemporains avaient l'impression d'un véritable chaos. Les Français mêmes, assez renseignés sur ce qui se passait à Memel, ne pouvaient concevoir ces divisions intestines et cette désorganisation à l'heure la plus critique \ Hardenberg gémissait, mais il tenait à ménager l'avenir *. Le tableau qu'il trace de ces derniers moments de la politique d'ancien régime en Prusse mérite d'être reproduit.
« Une semblable organisation », dit-il \ « ne répondait ni aux besoins de l'État, ni à mes propres espérances. Je décidai toutefois d'assister aux délibérations, afin de ne point donner l'exemple de la désobéissance; mais je ne dissimulai point ma mani«>re de voir, et je me préparai aux démarches que je croyais devoir aussi bien à l'intérêt général qu'à moi-même.
« On se rassemblait de bonne heure, chacpie ma an, chez le roi. Le colonel de Kleist et le conseiller secret de cabinet Beyme faisaient respectivement leur rapport sur les affaires militaires et sur les affaires intérieures; puis ils se retiraient. Le général de Zastrow pré-