‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 327 sur 570 · Ranke, Hardenberg, IV, p · texte numérisé non relu

Ranke, Hardenberg, IV, p

4. Uanke, Hardenberg, III, p. 304. — Habussbr, III, p. 92, les réponses faites à Goelzen, p. 93.

qu'à exciter les méfiances de la France sans savoir prendre un parti, — les lenteurs de l'Angleterre, en proie aux crises ministérielles, l'inaction du gouvernement anglais qui n'apportait dans ses mesures aucune décision, — enfin le spectacle de barbarie *, de confusion administrative, de corruption, que présentait l'armée russe*, les intrigues personnelles qui paralysaient l'activité de ses généraux, l'étroitesse du parti \ieux-russe hostile à une guerre où les intérêts de la Russie ne lui paraissaient pas engagés'. Il est impossible de méconnaître, malgré tout, que l'état de confusion et d'abandon du gouvernement prussien, la faiblesse de Frédéric-Guillaume lll, furent un des facteurs qui contribuèrent le plus puissamment à anéantir au printemps de 1807 les espérances que l'Europe avait pu concevoir durant l'hiver.

Mais il faut revenir de l'histoire du gouvernement prussien à celle de la nation qui s'en trouvait presque complètement isolée.

Nous avons vu quelles avaient été, au premier moment de l'occupation, les impressions des Prussiens. Les provinces centrales de la monarchie, envahies subitement, accablées presque simultanément par les nouvelles des désastres qui se succédaient coup sur coup et par les charges de l'occupation militaire, avaient plié la tète, en proie à un découragement absolu. Tous les maux avaient fondu sur elles en même temps. La grande armée tout entière les traversait dans sa marche vers la Vistule; la nécessité d'assurer ses communications les plaçait SOUS' la surveillance étroite du vainqueur; l'obligation de pourvoir à sa subsistance les écrasait de charges. Ce n'étaient point seulement les rapports de police, adressés au général Hullin, qui dépeignaient les Prussiens comme « tellement accablés qu'ils paraissaient prêts à renoncer à leur indépendance jjolitique pourvu qu'on les ménageât* ». Les événements de décembre et de janvier dans la Marche ï^lectorale semblaient confirmer cette impression.

Ce serait cependant une erreur de juîîit la nation prussienne sur

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