‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 329 sur 570 · SITUATION DES DIVERSES PROVINCES · texte numérisé non relu

SITUATION DES DIVERSES PROVINCES

cet affaissement qui sembla ranéaiitir durant les premières semaines qui suivirent léna '.

A l'heure où nous sommes arrivés, les signes extérieurs apparents d'une transformation morale commencent même à ne plus faire défaut*. Avant même que la politique nationale s'empare du gouvernement, l'occupation militaire fait sentir au dernier paysan de la Poméranie et de la Silésie à quel point les événements du siècle, qu'il a vus passer au sein de l'indifférence et de l'apathie, touchaient à ses intérêts les plus immédiats^. Elle lui fait comprendre que l'individu ne peut séparer son existence de celle de la collectivité, de l'association politique dont il fait partie. Elle lui donne sous la forme la plus directe, la plus impossible à méconnaître, une leçon palpable de patriotisme; elle lui enseigne ce que les Allemands appellent l'esprit de collectivité {Gemeinyeist).

Là où l'armée française n'a point pénétré, il semble que le vieil esprit subsiste encore.

Dans ce coin de la Prusse orientale, où la cour avait cherché refuge et que l'armée russe protégeait, l'on soupirait après la paix. Marwilz *, échappé à la captivité, était accouru plein d'ardeur auprès du roi. Non seulement il trouve le parti de la paix très fort à la cour^ mais il assure que le pays tout entier aspire à la tranquillité et au repos* : « Je mentirais », ajoute-t-il ', « si je disais qu'il y eût dans la province de la Prusse orientale, en dehors de l'armée et de quelques individus, trace de patriotisme ! » Le roi ayant préparé un manifeste pour appeler la nation tout entière aux armes, il dut renoncera le publier à la suite d'une démarche des États delà Prusse orientale*. Ceux-ci étaient venus lui rappeler les privilèges de la

1. Tkeitsciike, I, p. 253. — Von der Goi.rz, Hosziach und lena, pp. 281, 283.

2. TuKirsciiKE, I, p. 253. — Arch. hist. du Min. de la gueiTe, Correspondance de la Grande Armée, 8 avril 1807, rapport du capitaine Aiibert sur l'espril public. — Pehtz, Gnehenau, 1, p. lîiO.

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