LA SILÉSIE
Neisse, Kosel, une guerre de sièges qui n'était point complètement terminée lorsque fut signé le traité de Tilsit *.
En Silésie, comme partout ailleurs, l'impression première avait été celle d'une soumission sans bornes '. Au commencement de décembre, le général Bertrand, envoyé à Glogau, et chargé de renseigner l'Empereur sur la situation de la basse Silésie, écrivait ' :
« L'esprit du pays est bon. Ils redoutent les Russes;... ils ne reviennent pas des merveilles de la campagne de cinq jours;... ils sont fort incertains sur le sort futur de leur souverain et de leur pays.... La Silésie », disait-il encore \ « se ressent du voisinage de la Pologne; il y a une sorte de servage : des propriétaires de villages et de 7 000 à 8 000 habitants; il est moins dur qu'en Pologne et n'est pas général. » Le 11 décembre", il écrit de Glogau : « J'avais convoqué les autorités pour recevoir leur serment aujourd'hui; ces messieurs ont hésité, m'ont écrit une grande lettre ; mais enfin ils se sont décidés ».
Et le 15 décembre ® : « J'ai passé la matinée avec Messieurs de la chambre. Ils ont beaucoup de bonne volonté. Leur administration paraît bien entendue, surtout exactement obéie. En ne les pressant pas trop, ils ne perdront pas la tête; il y aura de l'ordre, et Votre Majesté sera, je crois, bien servie. Ils payeront difficilement 12 millions, mais les réquisitions seront fournies. Ils se plaignent du poids de la contribution avec tant de résignation! » Et il ajoutait pour résumer ses impressions : « Ce sont de bonnes gens que les Allemands ».
Cependant, s'appuyant sur les places fortes qui résistaient encore, entouré de paysans qu'il avait appelés à lui, un officier prussien délégué par le roi, Goetzen ^ allait entamer une guerre de partisans,