Haeusseh, 111, p
berg et y avait pris la direction des opérations. Vieilli comme capitaine dans l'ancienne armée et sous l'ancien régime, il n'avait point perdu dans cette longue et rebutante carrière les qualités qui devaient faire de lui l'un des héros de la guerre de libération '. Il sut, dès l'abord, inspirer confiance à tous par sa fermeté, son calme, sa supériorité. Ne négligeant rien, il sut grouper tous les efforts, et lorsque la paix de Tilsit fut signée, Golberg, à moitié détruit et près de succomber, échappa cependant à la honte d'une capitulation *.
Le siège de Golberg, la résistance de Bliicher à Liibeck, même la longue défense de Danzig, qui ne se rendit qu'à la fin de mai, formaient contraste avec les hontes d'Iéna et des premières capiUlla(ioIlS^
Le corps prussien commandé par Lestocq avait eu, lui aussi, à Eylau, sa page glorieuse. C'était moins à son chef qu'il la devait — Lestocq était fort occupé à échanger des lettres et des politesses avec les généraux français* — qu'à l'homme de guerre qui l'assistait et qui était comme l'âme de cette petite armée. C'était Scharnhorst qui, au second jour de la bataille d'Eylau, avait porté à l'armée française le coup le plus sensible en dirigeant contre le corps de Davoul celte attaque de flanc qui l'avait ébranlé \
11 est impossible de le méconnaître : dans ces premiers mois de 1807, un nouvel esprit apparaît au sein de la nation prussienne. Chacun sent dans le trouble de l'existence normale, dans les préoccupations pour l'existence journalière, dans la misère ou l'inquiétude, combien le sort des individus est lié à celui de l'État '.