PREMIERS PROJETS DE LA COMMISSION IMMÉDIATE
fallu qu'à cette heure môme les causes qui avaient propagé ces idées, la source d'oîi elles découlaient, l'influence de la Révolution française, se traduisissent par des signes visibles et irrécusables, les ministres prussiens signalaient avec anxiété la suppression du servage que la France s'était hâtée d'édicter dans le grand-duché de Varsovie, et manifestaient la crainte significative d'une émigiation générale des paysans prussiens encore asservis vers le grand-duché \
Dès le 16 juillet ^ le conseiller Wilcken avait fait à la commission immédiate des propositions tendant à la suppression du servage. Le 20 juillet ^ le ministre provincial de la Prusse, Schrotter *, avait proposé diverses mesures pour remédier à la situation lamentable des provinces prussiennes. Il fallait reconstruire les maisons détruites, reconstituer les troupeaux, rendre des chevaux à la culture, réparer les ruines de la guerre \ Schrotter proposait d'apporter à ces misères une aide et des secours matériels. Il apparut de suite aux membres de la commission immédiate que ces projets n'étaient qu'un palliatif sans portée. Schôn, Stagemann et Klewitz répondirent à Schrotter que des « aumônes » " individuelles seraient tout à fait insuffisantes à réparer les plaies du pays. Schôn. particulièrement, conçut pour les idées et les « bêtes à corne' » de Schrotter un mépris dont il ne ménagea pas plus tard l'expression.
Le 17 août *, la commission immédiate ® proposa, sous l'inspiration de Schôn, un ensemble de mesures applicables aux provinces prussiennes, qui avaient le caractère de réformes sociales.
1. Treitschke, I, p. 279. — Kxapi>, I, p. 127; 11, pp. 152, 155, 160. — Zu Sc/iulz und Trutz um Grabe Sc/iôn's. pp. 223, 224, 2tS.
2. Fehtz, II, p. 13. — Leiimanx, Knesebeck und Schôn, p. 115. — Knapp, I, p. 130 11, p. 147. — TitEiTSCiiKE, 1, p. 279.