AGITATION DE L'ARISTOCRATIE FONCIÈRE
rappelait que la suppression de la sujétion héréditaire était le but qu'il avait poursuivi depuis son avènement. 11 donnait son approbation aux propositions qui lui avaient été faites par Schôn et par Schrôtter, mais voulait que, l'on étendît la mesure, projetée seulem(3nt pour la Prusse orientale, à l'ensemble du royaume '.
Cependant, la noblesse s'était émue ^ des projets qui menaçaient de l'atteindre dans sa situation et dans ses intérêts. Le 29 août ^ un certain nombre de grands propriétaires nobles de la Prusse orientale remirent une adresse au roi *. Ils consentaient à la suppression de la sujétion héréditaire, mais à une double condition. Us voulaient d'abord que les enfants des tenanciers restassent assujettis à un service de cinq années dans la domesticité obligatoire du seigneur *.
Us firent surtout porter leur effort sur un point qui avait pour eux la plus grande importance et où les circonstances leur permettaient de tenter une résistance heureuse '.
Nous avons vu à quel degré l'État avait abandonné aux propriétaires de biens nobles la population rurale établie sur leurs domaines. Sur un point seulement, il avait fait effort pour la protéger. Le seigneur avait assez généralement le droit de déplacer les tenanciers de ses domaines. Si ceux-ci bénéficiaient souvent, en fait, d'une sorte d'hérédité, il n'en dépendait pas moins du propriétaire noble de désigner, à chacun de ses sujets, la tenure qu'il devait occuper; par conséquonl de transporter sur une autre tenure, ou de réduire à la condition de journaliers, les occupants des petits biens ruraux. L'État n'intervenait pas dans ces rapports; il avait toutefois été amené, dans son propre intérêt, dans l'intérêt du recrutement, à assurer à la population rurale une sorte de garantie collective, en interdisant au propriétaire noble de réduire le nombre des petites tenures rurales et d'étendre à leurs dépens son domaine.
L'insistance que mit la noblesse à réclamer la disparition de cette limitation de ses droits, la lutte prolongée qui s'engagea sur cette
\. Pkbtz, II, p. n. — Knapp, U, p. i:i8.
2. Aus den Papieren Sciiô.n's, I, p. 43. Lieber noch drei Auerstàdter Schlachten verloren ah dies Gesetz, dit la noblesse; die Zahlderer, u-elche Sklavensinn hatten, war klein, aber sie war mâchlig ; ibid., II, p. 104. — Knapp, I, p. 129; II, p. 138.