Knapp, I, pp. 129, 130; II, p. la'J
question, indique que cette garantie avait été effective et avait apporté quelque gêne aux velléités d'accaparement et d'agrandissement de la noblesse foncière *.
Les seigneurs de la Prusse orientale, gui avaient signé l'adresse du 29 août, pouvaient invoquer les principes mêmes auxquels se rattachaient les nouvelles mesures. Si l'on voulait proclamer la liberté du commerce des terres, il fallait au moins que cette liberté fût entière, et il y avait quelque anomalie à maintenir seulement, parmi toutes les restrictions qui avaient jusqu'alors entravé la libre disposition des biens-fonds, celle qui limitait les droits de l'aristocratie foncière.
La noblesse, si ses prétentions eussent été admises, n'eut pas perdu grand'chose. La suppression de la sujétion héréditaire fût sans doute restée théorique; car, tant que la constitution de la propriété n'était pas modifiée, le paysan ne pouvait trouver grand avantage à quitter la glèbe. En tous cas, la conséquence, la plus lourde pour le tenancier, et la plus avantageuse pour le seigneur, de la sujétion héréditaire, la domesticité obligatoire, demeurait. Et d'autre part, en dégageant son droit de copropriété sur les tenures rurales des seules restrictions que l'État y eût apportées jusqu'alors, la noblesse devenait, pour ainsi dire, propriétaire * du territoire tout entier.
Le roi, Schrotter, la commission immédiate repoussèrent sans hésitation le maintien de la domesticité obligatoire qui eût réduit la suppression de la sujétion héréditaire à une pure dérision '.
Ils se montrèrent beaucoup plus embarrassés en présence des revendications de la noblesse sur les tenures rurales *. La plupart de celles-ci avaient été dévastées durant la guerre ^ et il était difficile d'exiger des grands propriétaires, ruinés eux-mêmes et sans crédit, qu'ils lissent les dépenses nécessaires pour le rétablissement des petites tenures, comme ils y élaient obligés.
Schôn, tout à ses idées théoriques sur l'économie politique ", sur
1. Kn Sili'siiî rppenilnnl, h In tin du xvni" sii-rlc, le proprit'-lair^ noble Icndail au roiilrnire /i di'rmMnhror son bien. Knapi', 11. pj». 140, l.'if».
Si. Nii-biilir y voil rine Erweilt'runy <lrr i/u/x/in rlirlirn l'ii/rnthuuisrcchlc, Knapp, H, p. \m.