Khapp, I, pp. rJ5, 136; II, pp
sont indispensables pour passer de l'idée au fait*. Durant les dix premières années du règne de Frédéric-Guillaume 111, les idées d'amélioration sociale, dont la réalisation en France avait suffi à bouleverser l'Europe, avaient été examinées, discutées sous toutes les formes, mûries avec l'assentiment certain du souverain et, pour ainsi dire, sans résultats *. La commission immédiate avait donné le même spectacle' durant ces trois mois où les projets avaient été remaniés sans cesse, sans que personne eût voulu ou su donner l'impulsion décisive.
Les qualités, rares en tous temps, qui font l'homme d'action, particulièrement absentes alors en Allemagne, Stein les possédait au plus haut degré \ C'était lui qu'on attendait. Il inspirait à tous ces théoriciens, à tous ces idéalistes qui raillèrent plus tard la faiblesse de ses connaissances philosophiques, de son jugement esthétique ou littéraire, le respect que ne peut manquer d'inspirer une volonté forte ^ plus particulièrement à ceux auxquels elle fait défaut.
Un des hommes qui ont été le plus intéressés, et le plus portés à diminuer la participation de Stein aux progrès sociaux réalisés dans celte période, Schôn lui-même, a donné de la situation une formule très exacte. Ce que l'on demandait à Stein, dit-il, c'était une raison sociale®. Cette signature, donnée, huit jours après son arrivée, à un projet préparé depuis des semaines, si elle ne laisse point à Stein le mérite d'une initiative originale, n'en fait apparaître qu'en traits plus saillanis l'autorité dont il jouissait, et la confiance qu'inspirait son caractère. Il n'est pas exagéré de dire que ce sont les contemporains
1. C'est là qu'il faut en revenir. Schôn affirme, et vraisemblablement avec quelquo raison, que Stein fut poussé et porté par son entourage. Alex, de ilumboldl l'aflirme après lui, et Lehmann, malgré ses efforts {Kneseheck iind Schôn, p. HO à in), ue parvient pas à détruire cette impression. Mais il demande avec raison comment cet entourage qui poussait Stein ne fit plus rien lorsqu'il fut parti, p. 118. Alex, de Humboldt délinit très exactement la portée de l'intervenlion de Stein. Aus den Papieren Schôn's, 1, p. 164. — Seeley, Li/e anrf Times of Stein. I, pp. 414, 418, 455.