LES CONSÉQUENCES DU TRAITÉ DE TILSIT
qu'à partir de l'échange des ralilications, les revenus de l'État prussien, perçus jusqu'alors pour le compte des Français, feraient retour au gouvernement prussien.
Toutefois, si Frédéric-Guillaume put se faire, au début, quelques illusions sur la portée de ces stipulations, il ne dut pas tarder à les perdre '. Toutes les obligations de la France étaient, en effet, subordonnées au payement de la contribution de guerre ', Ce payement devait être au moins, avant l'évacuation, assuré par des garanties que le gouvernement français se réservait d'apprécier. Or la nature et le chiffre de la contribution n'avaient pas été fixés.
II est possible qu'un négociateur, même clairvoyant, n'eût pu échapper, dans la situation à laquelle la Prusse était réduite, à la rigueur de ces clauses, ni éviter le vague intentionnel dans lequel elles demeuraient noyées \ Il est certain que la légèreté et l'imprévoyance ridicules du vieux Kalckreuth *, qui pensait tout obtenir de Napoléon en lui parlant « de soldat à soldat», vinrent singulièrement en aide aux calculs et aux arrière-pensées du vainqueur '.
Napoléon n'a jamais péché par un respect excessif des traités qu'il avait conclus. Il les considérait, bien moins comme une limite qu'il se traçait à lui-môme, que comme une licpiidalion des empiétements qu'il avait commis ou des conquêtes qu'il avait réalisées, et comme le point de départ de nouveaux progrès. Il a particulièrement traité avec quelque légèreté la paix conclue à Tilsit avec la Prusse. Mais, s'il en a tiré des conséquences imprévues, il s'était réservé la possibilité de le faire, sans qu'on pût lui adresser, d'une façon précise, le reproche de violer les stipulations qu'il avait consenties. La vérité reconnue, même par les apologistes de sa politique, c'est que la paix de Tilsit n'était point un traité sincère *.
Lorsque les négociateurs prussiens, discutant avecDaru, à Berlin, le chiffre de la contribution de guerre, s'en référaient aux clauses du