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LES COMITÉS DE RECOUVREMENT. 3S

cédaient, atteignant, à la fin de 1808, huit fois le montant de l'impôt direct, ne rentrant qu'avec les plus extrêmes difficultés; mais les désastres matériels, résultats immédiats des hostilités, et les réquisitions en nature avaient complètement épuisé le pays. En certains points, la population était menacée de famine ; il ne restait plus qu'une tête de bétail sur vingt, un cheval sur cinquante *.

Dans chaque province, les Français avaient constitué ce qu'ils appelaient des comités de recouvrement. C'étaient des assemblées composées exclusivement des représentants de la propriété noble et des villes. C'était avec eux que les Français traitaient directement \ C'était eux qui concluaient les emprunts, qui imposaient et répartissaient les contributions. Aux prises avec des difficultés inextricables, ils n'avaient, en somme, pour faire face aux exigences du vainqueur, que deux genres de ressources ' : les emprunts qu'ils pouvaient contracter en engageant leur crédit, et les prélèvements directs qu'ils pouvaient opérer, par la contribution, sur la fortune des particuliers.

Mais leur crédit était fort limité *. Au dehors, ils ne trouvaient rien, et lorsque des banquiers indigènes, d'accord souvent avec le vainqueur, leur offraient des moyens de payement , c'était avec des échéances très rapprochées et des taux d'intérêt qui atteignaient 12 pour 100.

Quant à l'État prussien lui-même, son crédit, après la campagne de 1807, était presque nul ^ Frédéric-Guillaume III, s'enfuyant à

Scharnhorst, II, p. m. — Pkrtz, II, p. 59. — Trkitschkk, 1, p. 276. — Arch. hisl. du Min. de la guerre, Correspondance de la Grande Armée, 11 décembre

1806, rapport sur l'espril public; observalions sur les contributions arriérées; ibid., sans date ni signature, décembre 1806 (?); voir encore 5 janvier 180fi, et 1 mars 180", rapport de police, étal moral des paysans; j'iirf., 7 août 1807, lettre de Clarke : « M. Daru est entré en plaidoyer en faveur de loO millions. C'est beaucoup, Sire; on fera ce qu'on pourra. Sans avoir envie de m'apitoyer hors de propos, je dois dire que la misère est telle, que les suicides se multiplient d'une manière effrayante dans la classe moyenne de la société. L'on estimait d'abord les sommes dues par la Prusse à 80 millions, et il est aujourd'hui question de 150 millions; c'est presque le double. Si le roi avait des gens I aMIes! mais il est opiniâtre et mal entouré; il a en outre horreur des allaires. » 9 septembre 1S07, lettre de Ka|)p, de Danzig : « la mortalité parmi les habitants de tous ces pays est alTreuse »; 22 septembre 1807, lettre de Soult; 2 octobre

1807, lettre de Victor : « il n'y a plus de place dans les villages »; 11 octobre 1807, lettre de Victor.

1. Pkutz, II, pp. 5, 11, 51. — Haeusser, Deutsche Geschichte, III, 127.

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