‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 403 sur 570 · Hassel, 1, p · texte numérisé non relu

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Memel, avait réussi à y recueillir une faible partie du numéraire des caisses publiques. C'était avec la somme de 8 millions, amassée ainsi à la hâte, que le gouvernement prussien devait faire face à toutes ses dépenses, durant la fin de 1806, toute l'année 1807 et durant la première partie de l'année 1808 *. Des territoires occupés, il n'y avait rien à attendre. Les Français y avaient perçu, jusqu'au 12 juillet 1807, plus de 200 millions de francs; le corps d'occupation continuait à y vivre et les Français y touchaient les revenus publics. Seule, la Prusse orientale, épuisée par la guerre, pouvait, tant que durait l'occupation française, fournir quelques ressources.

Toute tentative pour contracter des emprunts au dehors était vaine. On le reconnut de suite, lorsqu'on chargea Niebuhr de s'adresser à Amsterdam aux banquiers hollandais ^ De même Witgenstcin et Vincke ', lorsqu'ils demandèrent, au nom de la Prusse, au prince de Hesse, qui avait sauvé une fortune mobilière considérable, de consentir un emprunt gagé sur les domaines royaux, se heurtèrent à un refus péremptoire *. Le lendemain était trop incertain pour que les ennemis de Napoléon trouvassent facilement des prêteurs, et l'existence de l'État prussien apparaissait, aux yeux de tous, comme tenue en suspens.

Comment donc faire face aux exigences du vainipieur , aux demandes que, depuis le traité de Tilsit, Daru adressait au gouvernement prussien? L'impôt avait donné partout, sous la pression de Toccupation militaire , ce qu'il pouvait donner. Restait l'immense étendue des domaines royaux, dont la valeur était estimée à 225 millions de francs. Si cette valeur eût été immédiatement réalisable, elle eût permis à la Prusse de s'acquitter. Cette ressource n'avait pas échappé à Napoléon, et nous avons vu que Daru proposait à Frédéric-Guillaume III d'abandonner, en payement de sa dette, une partie des domaines. Le roi et Slein y résistaient; car l'abandon pur et simple des domaines, avec les droits sur l'étendue triple (1rs lenures rurales qui en (léj)endaient, avec la juridiclion seigneuriale, eût été comme un démembrement du territoire national *.

i. Prn-rr, II, p. 50.

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